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Question orale du groupe des élus EELV-FdG

Les flux migratoires sont très nombreux dans le monde au sein des pays en développement mais aussi de plus en plus vers l’Europe. Les guerres, les conflits, les crises climatiques, écologiques qui deviennent des crises économiques, alimentaires, humanitaires, conduisent des millions de personnes à se déplacer pour survivre, pour tenter de trouver un pays où sera possible un avenir apaisé pour eux et leurs enfants. Les migrations ne vont que s’amplifier dans les années à venir, pour des raisons géopolitiques et environnementales notamment (sécheresses, réchauffement climatique, déforestation…). Et l’absence de gestion de l‘accueil favorise les mafias, le trafic d’êtres humains et la délinquance, alors qu’accueillir avec dignité les migrants, c’est non seulement appliquer les traités internationaux sur le respect des droits, mais c’est aussi éviter le rejet par les populations des pays d’arrivée. C’est également permettre à ces personnes de faire leurs démarches dans de bonnes conditions, pour l’accès à leurs droits (asile…), pour apprendre la langue, pour s’intégrer, se former, pourvoir des emplois en tension (et notre pays n’en manque pas) et construire avec les populations locales un avenir commun ou offrir un accompagnement dignes à ceux qui ne s’installeront pas durablement. Tout au long du 20ème siècle, la France, comme d’autres pays d’Europe, a accueilli des vagues de migrants, jusque dans les années 80 (plus de 300 000 « Boat people »). Au fil des décennies, toutes ces personnes sont, comme on le dit à Villeurbanne, « venues d’ailleurs, devenues d’ici »…

L’arrivée des migrants est importante dans les métropoles, dont la nôtre. Même si le nombre de places ouvertes par l’Etat, a fortement augmenté en 2017, -et c’est tant mieux-, trop de personnes sont encore sans solution sur le Grand Lyon. Pourtant, la Métropole et plusieurs villes du territoire se sont impliquées dans l’accueil de ces publics ou l’hébergement d’urgence, et tout particulièrement Villeurbanne, avec l’ouverture d’un Centre d’accueil et d’orientation suite au démantèlement du camp de Calais, la mobilisation de lieux pour le plan Grand froid, la mise à l’abri pendant l’hiver de plusieurs familles soutenus par les collectifs « Jamais sans toit », la mise à disposition d’un gymnase en urgence suite à l’incendie du squatt Baudin….  En outre, de nombreuses associations, des collectifs citoyens, mais aussi des particuliers, ont contribué et contribuent encore à des actions de solidarité pour l’hébergement et l’accompagnement des migrants.

L’Etat qui a en charge la politique migratoire, l’accueil, l’hébergement, le traitement des demandes d’asile, ne peut agir seul. Dans toutes les agglomérations qui font face à ces situations, celles qui parviennent à bien les gérer (notamment à éradiquer les squatts, les campements et offrir des solutions d’accueil à toutes les personnes concernées) sont celles où un partenariat large entre tous les acteurs a permis de construire des réponses appropriées. La Métropole a  approuvé un PLALHPD (Plan pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées), co- piloté avec l’Etat. Dans ce cadre, face à l’urgence de solidarité, l’ensemble des acteurs doit collectivement définir et mettre en œuvre, sans tarder, de nouvelles mesures en faveur de l’hébergement et de l’accueil, pour que chacun prenne sa part, l’Etat, la Métropole, toutes les communes et les associations.

Le Plan froid arrive à échéance dans quelques jours, et il nous semblerait intéressant que le Préfet réunisse l’ensemble des communes, les associations, les collectifs citoyens, ainsi que l’ensemble des acteurs publics et privés qui sont à l’œuvre sur le territoire métropolitain pour administrer et gérer l’accueil, assurer l’accueil sous toutes ses formes et accompagner les parcours des personnes, et tout particulièrement pour les personnes concernées à Villeurbanne, les familles « sans toit » et les personnes hébergées au squatt de la rue Baudin. Le cadre partenarial permettrait d’élaborer un plan d’actions pour l’accueil et l’inclusion sociale pour les demandeurs d’asile, les réfugiés et les nouveaux arrivants issus de l’immigration.

Monsieur le Maire, pourriez-vous nous informer sur :

- les informations que vous avez du Préfet concernant la sortie du Plan Froid

- les actions qui sont envisagées pour qu’une solution soit trouvée pour les personnes menacées de retourner à la rue à l’échéance de ce plan froid.

Parmi les pistes de travail, citons une meilleure connaissance des publics concernés, la connaissance et la valorisation des différentes formes d’accueil et d’accompagnement (institutionnelles, caritatives ou humanitaires et militantes) qui sont aujourd’hui mises en œuvre dans la Métropole, l‘examen des réponses alternatives existantes ou possibles (l’utilisation d’immeubles vacants, les abris temporaires, l’habitat alternatif,…), le renforcement des dispositifs d’accompagnement (dans le sens des préconisations du Rapport du député Aurélien Taché, notamment l’apprentissage du français).

« Ils ne sont pas étrangers, ils ne sont pas des envahisseurs, ils sont nos semblables, ils sont notre famille » JM Le Clézio, Le Nouvel Observateur, décembre 2017

 

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