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Compte administratif 2017 en baisse du fait des contraintes de l’Etat

Monsieur l’adjoint aux finances, merci pour cette présentation claire comme chaque année et je salue le travail des services qui font un travail de qualité.

Notons tout d’abord l’effet ciseau lié à une plus forte augmentation des dépenses de fonctionnement (+4,30%) que celle des recettes de fonctionnement (+1,32%) et à la baisse de la dotation de l’Etat de -4,77% en 2017 pour notre ville. Cela a pour incidence de réduire l’épargne brute de la commune, qui est en baisse et passe de 15% en 2016 à 13 et demi % en 2017, épargne brute qui je le rappelle conditionne les capacités d’investissement de la commune et nous pouvons d’ailleurs constater une baisse des dépenses d’investissement et d’équipement. Nous le disions déjà lors du vote du budget 2017, et cela se confirme avec le compte administratif : nous ne souscrivions pas au choix de réduire l’investissement de manière aussi importante par rapport à 2016 (une situation qui s’est inversée dans le budget 2018 et c’est tant mieux). Les travaux qui ont été réalisés en 2017 ont baissé de plus de 23%, avec 32Me au lieu de 37 au CA 2016, avec plus de 4M€ de travaux prévus non réalisés, ce qui est dommage. Un recours à l’emprunt un peu plus élevé aurait permis d’engager des dépenses en matière d’équipements publics nécessaires et notre capacité d’endettement l’aurait supporté puisque notre capacité de désendettement d’un an et demi est bien inférieure au seuil d’alerte généralement admis à 8 ans. L’en-cours de dette par habitant passe de 143 € à 177 €, ce qui reste une augmentation nécessaire et un dette faible comparativement à la moyenne des villes de mêmes strates.

Pour l’école rue H. Kahn, dont les travaux devaient être engagés en 2017, nous ne l’avons pas vu dans le CA et nous regrettons à nouveau que la création de nouvelles écoles aillent moins vite que les extensions d’écoles existantes.

Sur le budget de fonctionnement, les droits de mutation ont augmenté significativement : 7,2 M€ de recettes, alors qu’au budget n’étaient inscrits que 4,8 M €, signé de dynamisme immobilier et donc de l’arrivée de nouveaux habitants et donc de besoins d’équipements.

Vous avez engagé, un plan d’économies pour réduire certaines dépenses de fonctionnement et l’objectif est de réaliser 7,6 M€ d’économies soit en moyenne 1,9 M€ d’économies par an à périmètre constant de 2016 à 2019. Mais combien de temps pourrons-nous tenir face à ces politiques de rigueur imposées par l’Etat !

Dans sa frénésie de réformes, le président Macron prévoit de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique sur le quinquennat dont 70 000 dans la fonction publique territoriale et un plan d’économie de 13 milliards d’euros en direction des collectivités locales. Ces mesures seront dramatiques, car il s’agit d’une remise en cause profonde de la décentralisation, de l’autonomie fiscale des collectivités et de leur capacité à agir.

On ne peut pas à la fois demander plus de résultats, exiger plus des collectivités, leur demander d’innover et de s’adapter rapidement à des mutations profondes, et tout ceci sans leur donner de moyens d’action ! Derrière ce plan d’économies imposé par l’Etat, il y a nos agents, déjà largement mis sous pression par les baisses de dotations. Mais c’est aussi la précarité assurée avec le recours massif aux contractuels. Nous constatons que certaines directions de la ville ont fait un effort pour que les agents absents soient plus souvent remplacés, l’enveloppe de remplacement augmentant de 1,15 ME et c’est une bonne chose pour diminuer la pression qu’il pourrait y avoir sur les collègues des fonctionnaires absents.

Rappelons qu’à la baisse des dotations aux collectivités s’est ajoutée la fin des contrats aidés et des aides à l’insertion et nous attendons la mise en place du nouveau dispositif annoncé par la ministre du travail en janvier dernier. Alors que le gouvernement était scandalisé par la précarité des contrats aidés et que le rapport Borello pointait la difficulté de financement du secteur associatif, Muriel Pénicaud a décidé avec ses « Parcours Emploi Compétences » de ne répondre ni à l’un ni à l’autre en continuant à précariser les salariés en insertion et en n’offrant aucune solution de financement aux associations.

Répondre aux besoins de nos concitoyens, c’est aussi répondre aux enjeux de la transition écologique. Nous n’allons pas revenir dessus, mais les dernières données concernant particulièrement la biodiversité sont très inquiétantes : 30% d’oiseaux en moins en quelques années et en 30 ans, 80 % des insectes auraient disparu en Europe. Il va falloir utiliser au maximum les leviers dont nous disposons localement, pour être à notre modeste niveau, acteurs pour le climat. Les dépenses dans les parcs et jardins auraient surement pu être un peu plus importantes. Même si en 2017, a été livré le parc Jacob Hugentobler, à l’échelle de la ville et de son développement urbain, c’est peu, trop peu, quand nos concitoyens ont besoin de nature en ville, quand la ville polluée, imperméabilisée a besoin de la végétalisation pour se rafraichir et s’assainir.

Cela implique également le recours autant que possible aux circuits courts. Nous regrettons d’ailleurs que pour la cantine scolaire, nous soyons encore à de faibles niveaux quant aux dépenses d’alimentation issues de l’agriculture biologique et locale, dépenses qui stagnent encore cette année, avec 9% pour le bio et 16% pour les produits locaux. il est fait mention dans le CA de « barquettes pour les repas de la restauration scolaire ». Dans le cadre de projet zéro gaspi, certaines collectivités tendent à supprimer ces barquettes ou a minima faire en sorte qu’elles ne soient pas en plastique. Qu’en est-il à Villeurbanne ?

Et puisque hier, c’était la journée mondiale contre la publicité, je vais évoquer la taxe locale sur la publicité extérieure. Nous notons l’augmentation de +21% par rapport au CA 2016, et vous avez expliqué cela notamment par un meilleur recouvrement de cette taxe et l’issue de contentieux. Nous étions déjà intervenus sur ce sujet en 2015 pour rappeler notre souhait d’aller vers une ville sans publicité, alors même que les espaces d’expression libre sont plus que limités sur notre commune  et qu’ils n’ont pas évolué depuis un certain nombre d’années.

Dans les éléments que nous tenons à souligner pour  l’année 2017, nous notons avec satisfaction la baisse des consommations d’eau et d’énergie alors que les surfaces du patrimoine municipal augmentent : les travaux de rénovation thermique, et actions de maitrise des consommations d’énergie dans les bâtiments et l’éclairage public, de réparation des fuites d’eau (!) commencent à porter leur fruit. Les travaux sur les écoles sont évidemment des éléments positifs, notamment le restaurant et le préau à Camus, l’extension et le restructuration de Berthelot, les études du GS Rosa Parks, le déploiement des vidéos projecteurs, les améliorations thermiques, la  mise en accessibilité des bâtiments publics, lancement effectif (enfin !) de l’équipement Petite enfance du Terrain des Soeurs, le gymnase des Gratte ciel, le restaurant du Totem, la fin des études pour l’extension de la maison de quartier des Brosses. Enfin, des investissements sont réalisés pour la mise en place de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments municipaux. Cela rejoint également les préoccupations citoyennes, comme par exemple l’initiative de Toits en transition qui répond à l’objectif de plus en plus prégnant chez nos concitoyens de financer sur leurs fonds propres, des projets locaux, solidaires ou de développement durable, et de donner ainsi du sens à l’utilisation de leur argent. Le circuit court pour l’énergie, c’est comme pour l’alimentation : c’est écologique et bon pour l’économie locale !

Conformément à notre vote lors du budget 2017, nous nous abstiendrons pour le compte administratif.

Zémorda Khelifi

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