Lasoie2

Contribution au PLU-H du groupe des élus Rassemblement citoyen – EELV – FdG – Juin 2018

Un document difficile d’accès pour les citoyens

La démarche d’élaboration de ce document de planification a été longue et importante : plus de 9000 personnes mobilisées, et plus de 3000 contributions initiales. 70 % des contributions concernent le défi environnemental, c’est dire si ce dernier est pour nos concitoyens au cœur de leurs préoccupations et surtout de celles de  demain. Nous notons que, par ordre de classement, les thématiques citées dans les différentes contributions sont : « la limitation de l’extension urbaine, l’organisation urbaine, la mobilité et les déplacements, la nature en ville, le cadre de vie, la sécurité et la santé, les trames verte et bleue, les ressources et déchets ». La question de l’aménagement, des mobilités et de la nature en ville sont donc des vecteurs de discussion importants à prendre en considération de manière prépondérante.

Nous regrettons cependant le manque de démocratisation de ce document complexe que constitue le PLU-H. Document important pour une ville et la qualité de vie de ses habitants ; ceux-ci le connaissent finalement très peu. Malgré les réunions organisées à Villeurbanne, notamment pour les conseils de quartier, nos concitoyens sont encore loin de s’approprier ce document très technique (15 documents entre les plans et les rapports).

Ralentir la croissance urbaine et démographique à Villeurbanne

Nous sommes très inquiets sur l’enjeu de la croissance urbaine et démographique qui est trop forte à Villeurbanne depuis plusieurs décennies, trop forte, pour satisfaire à la fois les besoins d’équipements publics et la qualité de vie.

La  ville a gagné 21 500 habitants en 15 ans entre 1999 et 2015, soit 1400 habitants par an, ce qui constitue une croissance très élevée.  Avec ce PLU-H (et le SCOT voté en 2010), la croissance est moindre mais reste très élevée : l’objectif est d’accueillir 20 000 nouveaux habitants d’ici 2030, soit 1000 habitants par an. La ville a besoin de respirer, avec notamment des  parcs publics en proximité, et de renforcer ses équipements et services publics actuellement en tension au regard de cette démographie galopante. La ville y a pallié avec des écoles provisoires ! La pression est aujourd’hui également très forte sur les piscines et les stades.

Nous souhaitons que cette croissance se ralentisse et notamment dans les secteurs déjà très denses, dans lesquels la construction doit se faire en priorité  vers les opérations publiques, et pas dans le diffus, dont dans la ZAC de Gratte Ciel, dans le Terrain des sœurs, et  dans les quartiers plus à l’Est, Grandclément, La Soie et Saint Jean. Pour Saint Jean, il faut d’abord  accélérer la définition du projet urbain avec les habitants (études en cours depuis 2006, et toujours pas de projet défini !).

Le développement des secteurs de mixité sociale et de taille minimale de logements est positif, avec une part obligatoire de logement social et très social dans les constructions de plus de 1000m2 de plancher, et une part de logements de plus de 66 ou 80 m2, pour limiter la construction par les promoteurs de petits logements locatifs, qui sont lucratifs pour les investisseurs mais ne répondent pas à la demande de grands logements.

Pour favoriser la construction de logements abordables, en particulier dans les communes tendues ou en déficit SRU,  il faut une politique foncière ambitieuse, qui agisse pour réguler les prix du foncier  qui s’envolent depuis 20 ans. Le PLU-H et notamment ses orientations en matière d’habitat (POA : programme d’orientations et d’actions pour l’habitat) doivent montrer un engagement en ce sens, avec par exemple la création d‘un office foncier solidaire métropolitain

Dans le PLU-H, le développement de zones mixtes, habitat/activités économiques, notamment artisanales est un point positif pour préserver des lieux d’emplois dans la ville et faciliter l’installation d’artisans, de commerces de proximité.

Le maintien des zones pavillonnaires est un enjeu important : le PLU–H présente ces quartiers comme étant une « partie de l’ADN urbain de Villeurbanne » ( cf cahier communal) p7, et les décrit  dans le document d’intérêt patrimonial. Dans ce sens, nous regrettons qu’une quarantaine de maisons, notamment vers le boulevard Einstein, soit sortie de la zone pavillonnaire au profit d’une zone où seront autorisés des immeubles.

Renforcer l’approche environnementale et la végétalisation de la ville

  • Notons que les efforts sur la connaissance des milieux naturels de notre agglomération ont porté leurs fruits puisqu’une centaine de corridors écologiques à l’échelle de la Métropole ont été recensés et inscrits au projet. A Villeurbanne, nous souscrivons, à l’objectif de développement de l’armature des parcs et de la nature en ville. Cela doit être partout dans la ville. Villeurbanne est un des secteurs les plus artificialisés du bassin – centre (cf cahier communal p6). Pour s’adapter au réchauffement climatique, la végétalisation est un enjeu majeur : il faut ombrager la ville, la végétaliser, laisser l’eau de pluie s’infiltrer… et offrir ainsi aux habitants plus d’espaces de détente et de respiration.
  • L’instauration d’un coefficient de pleine terre est une bonne chose, notamment pour éviter des plantations de petite taille sur des garages. Mais nous souhaitons que les zones Uri1a deviennent des zones Uri1b, voire c, avec un  coefficient porté à 30, voire à 40%.
  • Nous avons lu avec attention l’avis de l’autorité environnementale sur le PLU-H qui préconise de « revoir à la baisse les zones d’urbanisation future ». Nous  partageons tout à fait ce point de vue pour des questions de qualité environnementale globale et de qualité de vie des habitants, et cela doit particulièrement s’appliquer à l’ancien terrain du centre équestre de la Doua : il doit rester à vocation naturelle avec la réalisation d’un parc qui permette aussi de préserver le jardin partagé du Vert Luizet. La Métropole a classé ce terrain pour y construire des bâtiments de recherche/développement en lien avec le campus, mais ceux-ci peuvent trouver leur place sur le campus ! Le PLU-H ne comprend pas suffisamment de parcs publics de quartier : nous souhaitons que de nouveaux projets y soient inscrits.
  • Le PLU-H présente le projet de Grandclément et plusieurs petits parcs dans les projets urbains partenariaux ou certains quartiers. Nous notons ces avancées pour renforcer la végétalisation, mais nous pensons que 4 ha de nouvelles réserves au vu des 20 000 habitants supplémentaires (dont la plupart sont déjà connues dans les PUP ou les ZAC) ne suffiront pas (13 réserves pour parcs à comparer aux quelque 150 réserves pour les élargissements ou création de voirie…).
  • Toujours concernant les parcs, nous avons noté aussi que sur le dépôt d’Alsace, est indiqué une réserve pour un parc. Dans ce quartier très dense qui manque d’espaces verts, il y en aurait besoin mais un dépôt de bus en plein centre est intéressant pour le fonctionnement des TCL (cela évite des kms de bus vides pour aller dans un dépôt en périphérie) et c’est un lieu intéressant au titre du patrimoine et de l’histoire industrielle de la ville. A la place des zones UE1 et UE2, rue A. France, entre le rues Louis Adam et Mansard, un futur parc est à inscrire rapidement.
  • Rue J. Jaurès, après la réalisation du parc Hugentobler, qui est une vraie réussite, il reste un terrain en contre-bas des résidences étudiants construites à l’ouest de l’esplanade. Au lieu de bâtir encore la parcelle aujourd’hui naturelle (H22), nous demandons l’extension du parc Hugentobler : cela permettra aussi une vue sur la zone arborée privée de la rue L. Braille et maintiendra la continuité de la trame verte du quartier.
  • Un contrôle doit être réalisé après la construction pour vérifier le respect des règles imposées au PLU-H, notamment la part de la végétalisation et le respect du coefficient de pleine terre par les promoteurs.
  • La mise en valeur des berges du canal est  un projet intéressant, nous y ajoutons la nécessaire amélioration de l’accès de ce site à vélo, par Cusset et Croix Luizet car aujourd’hui, il n’y a pas d‘itinéraire sécurisé en modes actifs depuis le centre de Villeurbanne. Nous rappelons aussi notre proposition de nouvelle passerelle modes doux entre les 2 ponts actuels (cf plus loin).
  • Certains espaces boisés classés sont des zones constructibles, donc susceptibles d’être détruits (dans certaines conditions et avec autorisation) : nous demandons qu’ils soient strictement protégés, avec par exemple un classement en zone UL : c’est le cas de l’EBC rue Château Gaillard (vers la résidence de personnes âgées). De même le parc Natalie Gautier n’apparaît pas dans un zonage UL, ni même avec des espaces boisés classés
  • Rue Octavie, la réserve pour emplacement réservé d’un espace vert (en prolongation du parc rue Château Gaillard), prévu au PLU actuel a disparu dans le projet de PLU-H : nous demandons à ce qu’elle soit réintégrée.

Mobilité et modes actifs

  • Le développement souhaité des modes actifs de déplacement est également un axe fort avec l’augmentation de l’obligation de construire des places de stationnement vélos. La règle passe de 1 m² de place vélo pour 100 m² de surface à construire dans l’actuel PLU à 1,5 m² pour 60 m² dans le PLU-H, soit plus d’un doublement, avec une exigence d’accessibilité de ces stationnements vélo dans les immeubles : c’est très positif. Néanmoins, le maillage cyclable doit être amélioré dans l’ensemble de la ville : pour désenclaver le quartier de Saint jean, nous demandons la création d’une passerelle modes doux entre les ponts de Croix-Luizet et Cusset au-dessus du canal et du périphérique. Un emplacement réservé pour l’implantation de cet ouvrage est nécessaire au PLU-H
  • Concernant les futurs axes forts de transport en commun, le PLU-H ne contient aucune information sur le projet de tramway T6. Pourtant, le passage du tramway T6 semble désormais acté et passera par l’avenue Barbusse (cf. déclarations du maire dans la presse et en réunion publique). Ce choix a été entériné sans concertation avec les citoyens, alors  que d’autres parcours auraient pu être étudiés, pour une meilleure desserte d’autres quartiers de Villeurbanne. D’autant qu’il est à craindre un terminus de la ligne de tram T6 à Gratte-Ciel, au lieu de la Doua, ce qui ne permettrait pas une liaison complète de l’axe Sud/Nord de Villeurbanne. Alors que  le PLU-H doit indiquer les axes structurants de déplacements, et en quoi ils sont cohérents avec le  développement urbain, il est tout à fait regrettable que cette ligne dont la réalisation est envisagée dès le début des années 2020, ne soit pas inscrite au PLU-H ! On ne donne pas toutes les informations aux citoyens…

Des besoins d’équipements publics (écoles, gymnases, stades…)

  • Même si de nouvelles écoles sont en cours ou si des extensions sont prévues à Grandclément et la Soie, il faut une meilleure anticipation que précédemment, car le retard pris depuis plusieurs années, au vu des hausses de populations ne se rattrape pas facilement. De plus, nous sommes réticents sur les projets d’extension car certains groupes scolaires ont déjà un nombre de classes trop élevé (A. France, E. Herriot, Croix Luizet, Jean Moulin…),  ce qui est préjudiciable à un enseignement apaisé et de qualité.
  • Sur Saint Jean, le territoire de projets doit permettre de garder une offre sportive importante sur le quartier (au moins un des grands terrains de sport) du cœur de quartier, mais aussi le caractère pavillonnaire du secteur situé entre la rue de l’Epi de blé et la rue des Jardins.

Des éléments patrimoniaux à préserver

  • Nous regrettons que le tènement industriel des 101 à 107 rue du 1er mars soit à terme démoli pour une opération immobilière d’activités. Ce bâti constitue pour nous un élément de bâti à préserver et nous souhaiterions que le projet urbain soit élaboré à partir de sa préservation. Il en est de même pour l’usine ACI.
  • L’immeuble au 51 rue L. Blum est un bâtiment intéressant, et dit demeurer dans le PLU-H comme élément bâti à préserver, alors que la Ville demande qu’il soit sorti de cette classification pour préserver les possibilités de composition urbaine, dans le cadre du projet Grandclement. Nous pensons au contraire, que le plan de composition, et notamment l’élargissement à terme de l’impasse Carotte, doit se faire sur l’autre rive de l’impasse, pour préserver  ce bâtiment, qui est un des éléments intéressants qui est encore debout dans ce quartier !

Share This: