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Communiqué de presse – Mettre le député Bonnell face à ses responsabilités

En tant que législateur, Monsieur Bonnell a été amené ces derniers  jours à se prononcer en faveur ou non du report de l’interdiction de l’utilisation du glyphosate en France. Monsieur Bonnell a voté pour le report de trois ans de ce poison et semble porter fièrement ce choix.  Nous lui avons écrit une lettre ouverte que vous trouverez en pièce-jointe, afin de pointer du doigt certaines contradictions et l’urgence de la situation.

Monsieur le Député explique sur son site internet qu’il « recherche l’action et le dialogue » dans une sortie du glyphosate qui « ne peut se faire immédiatement sans solution alternative. »

Conscient des enjeux pour la santé, Monsieur Bonnell fait donc le choix de laisser la possibilité aux agriculteurs de déverser quelques 7000 tonnes d’intrants chimiques dans nos terres encore pour les trois prochaines années. S’il était besoin de rappeler quelques chiffres, les voici.

Le 10 mars 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), classe le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme ». « Sur la base de 350 études scientifiques indépendantes », insiste la journaliste Marie-Monique Robin, dans son dernier livre enquête Le Roundup face à ses juges.

Ceci est d’autant plus inquiétant qu’une enquête de Générations futures a mis en évidence des traces de glyphosate dans des aliments (légumes secs, pâtes, céréales du petit-déjeuner) produits en France ou importés. « Nous sommes tous contaminés ! », s’est alarmée l’ONG, après avoir détecté du glyphosate dans 100 % des urines analysées au sein d’un échantillon de 30 personnes. Les chiffres pour la qualité de l’eau sont tout aussi inquiétants : En 2011, l’AMPA – métabolite entre autres du glyphosate – était présent dans plus de 60 % des cours d’eau français testés et le glyphosate dans plus de 30 %. En 2010, plusieurs Agence de l’Eau reconnaissaient même que « le glyphosate était présent dans l’eau potable à des concentrations supérieures à la norme ».

Monsieur Bonnell rappelle sur son site internet qu’il est,  « conscient des dégâts sur la santé causés par le glyphosate ». Comment Monsieur le Député, peut-il être conscient, informé et ne pas traduire cette urgence sanitaire et environnementale par un vote d’interdiction immédiate de tous les pesticides ? Nous estimons que Monsieur le député, a une responsabilité envers notre pays et nos concitoyens, de défense de l’intérêt général. Or le danger du glyphosate et de l’ensemble des pesticides est avéré et Monsieur Bonnell le regarde se répandre sur nos terres, nos cultures et nos ressources, à l’encontre même de l’intérêt général. Par ce vote, il autorise les multinationales qui produisent le glyphosate à continuer de nous empoisonner, cela est irresponsable.

Enfin, pour rappel, le problème du glyphosate, et des pesticides en général, ne date pas d’aujourd’hui.  Le dialogue et la constitution de solutions alternatives n’ont pas attendu l’arrivée de ce gouvernement pour voir le jour. Des solutions existent et sont mises en œuvre par des agriculteurs qui développent une culture de proximité, inscrite dans des circuits courts de production-consommation qui permettent de replacer la nature et l’environnement au cœur d’une alimentation saine. Comment ne pas penser que finalement, ce ne sont pas ces alternatives bien connues que Monsieur Bonnell attend, mais plutôt une paix sociale temporaire qu’il souhaite acheter avec les lobbies et le vieux monde agricole.

Et si dans trois ans, Monsieur Bonnell estimait encore que les solutions alternatives ne sont pas abouties ou que le dialogue avec les partenaires n’est pas mur, votera-t-il encore le report de l’interdiction du glyphosate pour les trois ans suivants ou l’autorisation d’un autre pesticide ?

Notre monde à nous est tourné vers l’avenir, où chaque citoyen a le droit de vivre dans un environnement sain et de se nourrir sans poison. Ces citoyens, de plus en plus nombreux, se mobilisent en masse, avec la marche pour le climat par exemple, pour vous rappeler cela : l’urgence écologique ne laisse pas la place au manque de courage politique et à la pression des lobbies quels qu’ils soient. Alors que le Grenelle de l’environnement promettait de diminuer de 50% l’usage des pesticides en France et que l’Accord de Paris implique une logique de développement de l’agriculture plus respectueuse de la nature et des humains, la France a vu son utilisation de pesticides augmenter de l’ordre de 15% environs entre 2014 et 2016. Il est urgent de passer aux actes.

 

Zémorda Khelifi

Présidente du groupe des élus rassemblement citoyen – EELV – FdG

Ville de Villeurbanne

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