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Inégalités femmes-hommes, un combat à poursuivre…

Ce rapport très complet nous permet de nous exprimer annuellement sur un sujet majeur qui nous tient à coeur : les inégalités entre les femmes et les hommes.

Par exemple, commençons par rappeler que cette année, du fait des inégalités salariales, les femmes travaillent gratuitement depuis le 6 novembre. Près de 2 mois de travail gratuit ! C’était le 3 novembre en 2017, le 4 novembre en 2015… Force est de constater que les choses n’évoluent pas beaucoup dans ce domaine. Rappelons que si les femmes étaient rémunérées au même niveau que les hommes, le supplément de cotisations sociales correspondant permettrait de financer la retraite à 60 ans !

Dans les services de la ville, les écarts restent importants même s’ils sont comparativement à la fonction publique globalement moins élevés. Le temps partiel  choisi concerne 15 % de femmes et seulement 2 % d’hommes. L’écart entre la rémunération moyenne nette des femmes et des hommes est de 12,5 %. L’ancienneté, le temps partiel, les heures supplémentaires peuvent expliquer cet écart. Mais il réside surtout dans la structuration même de notre institution avec un mécanisme de ségrégation verticale (sous-représentation des femmes dans les postes supérieurs dans la hiérarchie), ou un mécanisme de ségrégation horizontale (concentration des femmes dans les métiers les moins payés). Enfin un autre point participant à la non évolution des carrières des femmes est que les congés supérieurs à 6 mois comme par exemple les congés parental ou pour suivre un conjoint ont été exclusivement pris par des femmes.

Notre intervention s’articulera en trois points : les actions en faveur de l’égalité femme-homme en interne au niveau des services de la ville, celles en externe au niveau des associations et des citoyens et enfin comment la ville accompagne les autres acteurs du territoire dans ce domaine.

Premièrement, nous pouvons citer et saluer la mesure prise par la Ville de Villeurbanne de supprimer la retenue sur salaire en cas de maladie ordinaire, pour le cas où celle-ci est « en rapport avec un état pathologique résultant de la grossesse ».

Nous nous félicitons également des actions de formation interne pour lutter contre les préjugés et les stéréotypes comme en attestent les dernières enquêtes réalisées en 2014. Il est primordial de faire évoluer les mentalités. Après les sensibilisations dispensées aux directions de la commune et aux élus, ainsi qu’aux représentants du personnel en 2016, un plan de formation interne égalité femmes hommes a été établi l’année dernière pour l’ensemble du personnel. Il se déploie depuis décembre 2017 et se poursuivra jusqu’à mi 2019 avec l’objectif de former une grande partie du personnel municipal.

Ensuite, concernant la promotion de l’égalité femme-homme envers les associations et les citoyens, notons que la ville a fait des gros efforts dans la dénomination des espaces publics, voiries ou écoles en donnant des noms de femme à de nombreux équipements. Malgré tout, le chemin restant à parcourir est très important puisqu’en 2015 seulement 3,6% des rues portaient le nom d’une femme.

Une autre action importante concerne le sport en particulier pour y promouvoir la mixité dans tous les sports. On peut citer la campagne d’affichage « le sport n’a pas de sexe » ou l’expérimentation en cours du label « sport engagé ». Les clubs pourront choisir le label portant sur l’égalité femmes-hommes. Les critères de labellisation en cours de définition portent sur « la promotion de la mixité femmes/hommes dans l’activité sportive et physique, l’encouragement de la parité dans les postes d’encadrement des associations, la pratique d’une communication non stéréotypée et la sensibilisation de l’équipe dirigeante, salariée et bénévole à l’égalité femmes hommes et à la non-discrimination ». Un appui sera apporté aux clubs désirant s’engager dans ce label. Nous saluons cette initiative et souhaitons que cette expérimentation se généralise à l’ensemble des clubs avec pourquoi pas de nouveaux critères dans l’attribution des subventions pour un soutien accru aux clubs qui s’engageraient dans le combat de l’égalité femme-homme.

Enfin, nous sommes heureux de la mise en place de deux stages d’autodéfense féministe organisés par l’association Impact qui ont été proposés par la Ville à des partenaires de l’égalité et de la lutte contre les discriminations de Villeurbanne. L’objectif était de faire connaître la formation aux structures du territoire pour qu’elles puissent à leur tour les organiser auprès des habitantes. Ce type de partenariat Ville-association ayant pour ambition des retombées localement dans les quartiers nous semblent une excellente démarche. Alors que les subventions régionales sont de plus en plus rares, soyons attentifs collectivement à ce que les associations puissent continuer àoeuvrer localement dans ce domaine.

Pour conclure, nous renouvelons une proposition que nous avions déjà faite il y a deux ans.

La Ville de Lyon a créé en 2009 le «Conseil pour l’égalité femmes/hommes à Lyon», commission extra-municipale réunissant les associations féministes et féminines de Lyon. Pourquoi n’en ferions-nous pas de même ?

Je vous remercie de votre attention,

Olivier Glück

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