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Des pas réels, mais encore petits, face à l’urgence écologique!

Merci à Madame l’adjoine et aux services pour la qualité du rapport que nous lisons chaque année avec plaisir  : c’est une synthèse riche des actions volontaristes nombreuses de la Ville en matière d’environnement et de solidarité, pour lesquelles nous mesurons bien les budgets nécessaires –nous les votons- et le vrai tournant dans la conception des projets :

- La rénovation énergétique des équipements municipaux  avec même l’objectif d’appliquer, à la future école Simone Veil, le futur label  E+C- qui sera en vigueur en 2020 (plus d’énergie produite que consommée et moins de carbone émis)

- La baisse de l’électricité pour l’éclairage public

- Pour réduire l’effet canicule dans les écoles, le traitement des bitumes des cours d’école, le plan « ombre » et l’infiltration des eaux de pluie,

- Les initiatives sur la biodiversité et le repérage par les citoyens (Sauvages de ma rue)

- Les toitures végétalisées

- Le traitement des fuites d’eau

- La lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires

Soulignons aussi les actions en faveur de l’accessibilité aux personnes handicapées, contre les discriminations, pour l’inclusion sociale (à Saint Jean, l’opération Territoire zéro chomeur de longue durée…)

Donc félicitations, il faut faire tout cela et continuer! Et pourtant, au vu des indicateurs globaux, nous voyons que face à l’ampleur de la crise, les politiques locales et nationales ne sont pas à la hauteur des enjeux du dérèglement climatique (cf les alertes récentes de 15 000 scientifiques du GIEC), de la perte de la biodiversité (cf alerte de Greenpeace), des pollutions diverses (comme les plastiques dans les océans), de la prédation des ressources naturelles qui continue,  au lieu que nous fassions de nos déchets des ressources nouvelles … Notre dette écologique est énorme : au niveau mondiale, le 2 août de chaque année, nous avons consommé les ressources que la terre peut produire en un an, et si l’on prend ce que la France consomme, c’est même le 5 mai !

A Villeurbanne, les émissions de gaz  effet de serre ont augmenté depuis 4 ans : l’objectif est qu’elles soient divisées par 4 en 2050. Les consommations d’énergie (chauffage, électricité…) ont augmenté d’1.6% : l’objectif est qu’elles baissent de 20% d’ici 2020 (elles sont du même niveau qu’en 2007 alors que la ville a gagné 10 000 habitants au cours de ces 10 années, c’est bien mais très insuffisant). Avec le PLU-H, l’urbanisation galopante et la hausse démographique qui en découle, ce sera sans doute difficile d’atteindre les objectifs ! Sur d’autres sujets, seulement deux composteurs dans les écoles et encore du chauffage au fuel dans des batiments de la ville…

Sur la végétalisation , malgré de nouveaux parcs et des jardins urbains cultivés, le puits carbone que représente la végétation ne compense que 0.8% des émissions de CO2 !! il y a des projets de futurs parcs mais justement ce ne sont que des projets a Grandclement, à La Soie, dans l’ilot Mansard ..Et que dire de l’indigence de l’aménagement provisoire de la place Grandclement de 2018? Il sera certes suivi d’un nouvel aménagement transitoire qui durera jusqu’à l’arrivée du tramway T6 : mais pour au moins 2 ans, il faudra se contenter de 10 pauvres pots de magnolias sur une immense surface bitumée à l’est de la place ! Le  provisoire et le transitoire seraient-ils les 2 nouvelles mamelles de l’aménagement urbain à Villeurbanne pour lutter contre les ilots de chaleur ? ! Où sont les promesses de végétalisation présentées au moment de la concertation du site propre du C3 en 2014… ? Et je n’insiste pas sur la quasi-absence de plantations de la rue L. Blum, qui elle n’est pas impacté par le futur tramway T6.

Autre exemple recurrent où la ville doit faire mieux, c’est le bio et local dans les cantines. Le pourcentage des produits biologiques OU locaux est de 30%; c’est plus que les 25% des années passées, mais cela peut être poussé plus loin, nous le souhaitons.

Pour conclure, si la transition écologique est amorcée à Villeurbanne, elle doit s’accélérer mais « quand la maison brûle », tout le monde doit regarder en face, c’est-à-dire tous les acteurs publics et entreprises, à toutes les échelles, et donc notamment le gouvernement ! Or, ce gouvernement contraint les dépenses des collectivités au lieu de les inciter aux investissements vertueux, dans la rénovation des écoles, des gymnases, des piscines. Ce gouvernement refuse d’affecter 100% des recettes de la fiscalité carbone à la transition énergétique et à l’accompagnement des plus fragiles : pas d’écologie sans justice sociale et sans taxation des carburants des riches (kérosènes et fuel lourd des porte  containers et des bateaux de croisières). Faudra-t-il enfiler des gilets verts pour que le gouvernement passe aux actes et agisse réellement pour « make our planet green again »? Les collectivités doivent donc être encore plus exemplaires:nos citoyens l’attendent!

Je vous remercie.

Béatrice Vessiller

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