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Budget 2019 : Combler les retards d’équipements publics, oui, construire chaque m2 de libre, non !

Monsieur le maire, chers collègues
Le budget 2019 est en légère hausse par rapport à 2017, en termes de fonctionnement (2 millions) avec une baisse sur l’investissement.
Dans la continuité de l’année dernière, le budget de la ville n’est plus à la baisse comme ce fut le cas en 2017, conséquence directe à ce moment là de la baisse des dotations de l’État.
Les recettes fiscales, principales ressources de la ville, progressent (100M€), à taux d’imposition constant (ce que nous approuvons). La hausse des recettes progresse car la construction se poursuit toujours à Villeurbanne, donc le nombre  de ménages et de biens assujettis progresse, de même que l’évolution nominale décidée par l’État.
Malgré un autofinancement à la baisse,  vous maintenez un niveau d’investissement relativement satisfaisant grâce au recours à l’emprunt, qui permet d’engager les dépenses en matière d’équipements publics. C’est le  cas pour un certain nombre de travaux prévus l’année prochaine que nous saluons : poursuite de la construction de l’école Rosa Parks et du gymnase des Gratte-ciel, extension des écoles Berthelot et Pasteur,  aménagement du parc Elie Wiesel dans le terrains des Soeurs, et des travaux de gros entretien dans plusieurs écoles, le déploiement des vidéos projecteurs, les améliorations thermiques dans différents équipements et à l’hôtel de ville, la mise en accessibilité des bâtiments publics, le soutien à l »amélioration de la performance énergétique dans le parc privé, la participation de 440 000€ à la construction de la résidence Chateau Gaillard est bien confirmée dans ce budget contrairement à l’année dernière et nous nous en félicitons. Sur les projets des centres sociaux, nous ne voyons rien sur celui de Croix-Luizet, qui a besoin de travaux et, en juillet dernier, vous les aviez annoncés pour 2018.
Tous ces travaux sont nécessaires, bien sur, nous ne le constestons pas. En revanche, concernant le secteur Paysages et nature, les projets restent tout à fait insuffisants ! Nos concitoyens ont besoin de nature en ville, quand la ville polluée, imperméabilisée, trop chaude, a besoin de la végétalisation pour être rafraichie  et assainie. C’est pourquoi nous regrettons que sur les 3,41Me d’études à lancer en 2019, aucune étude ne soit lancée pour de nouveaux parcs, notamment rien pour le futur parc Grandclément de 3 ha près de la gare que vous nous avez vanté dass votre vidéo en début de conseil alors qu’aucune ligne n’est prévue en 2019 pour ce projet. Et dans le budget des réalisations (32.58M€), il y a bien le parc Elie Wiesel et les rues traversières de la rue P. lafargue (de nouveaux aménagements intéressants), quelques jardins de poche, mais cela ne représente qu’à peine plus de 4% des investissement!! Il est question de créer des ilots de fraicheur et de se doter d’un plan Ombre dans les parcs existants mais pourquoi pas de réalisations concrètes de lutte contre la surchauffe urbaine, puisque que vous l’appelez de vos voeux? pourquoi pas de nouveaux projets de désartificialisation des sols dans les cours d’école (comme dans l’école E. herriot en 2018), sur des places ou espaces publics pour végétaliser, ombrager et « climatiser » la ville? D’autant qu’en terme de morphologie urbaine, on prépare sans doute de nouveaux ilots de chaleur: par exemple, la future école Rosa Parks (dont le bâtiment est très bien) mais devant l’école, à l’angle de la rue J. Bourgey et de Pressensé, il est à craindre que l’espace public soit assez sevère en termes de confort d’été. Ainsi, la ville se densifie, elle est en chantier de toute part, et il y a, selon nous, trop peu de place aux espaces de respiration ! Combler les retards d’équipements publics, oui, construire et laisser construire chaque m2 de libre, non
Concernant les services publics de proximité, nous ne cautionnons pas le choix d’un délégataire privé pour offrir de nouvelles places en crèches. (Nous en reparlerons dans une délibération spécifique).
Concernant les dépenses de fonctionnement, nous notons avec satisfaction que l’engagement pour le CCAS est à la hausse (passe de 3,4 à 3,9 millions) ainsi qu’un certain nombre de structures sociales (centre d’animation saint jean, maison sociale cyprian les brosses, centre social des Buers…) et que a contrario des prestations versées à l’ASVEL sont à la baisse pour une année supplémentaire. Comme en 2016 et 2017, c’est une décision que nous approuvons car le club peut aller chercher des recettes ailleurs. Ces ajustements d’engagements financiers envers des organismes partenaires de la Ville vont plutôt dans le bon sens et nous tenons à le souligner.
La mission locale en revanche baisse de quasiment 10 000 euros ainsi que la MJC qui perd 5 000 euros. Ce type de structure doit être accompagné au maximum et la ville ne doit pas se désengager d’un centime afin de porter la nécessité de ces structures pour notre territoire et ses habitants.
Dans les dépenses à caractère général, l’augmentation de 4 % des fluides et énergie est à regarder de près. L’augmentation des surfaces construites importe de redoubler d’efforts dans la réhabilitation pour des bâtiments moins énergivores. Dans les charges à caractère général, le budget « alimentation » a augmenté de 85 000 euros. Mais le rapport DD montre que Villeurbanne est loin de l’objectif des 20% de la nouvelle loi du gouvernement d’instaurer 20% de produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines, avec seulement 9% pour notre ville. Nous regrettons vivement qu’il faille une loi Macron pour augmenter la part du bio et du local dans les produits de la cuisine centrale : Monsieur le maire, nous vous pensions plus en avance que le président de la république sur certains sujets . Eh bien, ma foi, force est de constater que nous ne voyons pas dans le budget 2019 en quoi la Ville va pouvoir progresser. Cette année encore, nous vous proposons une hausse de la part de l’alimentation biologique et/ou locale.
En conclusion, si nous notons un bon niveau d’investissement , bien qu ‘en baisse par rapport à l’an passé, un soutien à l’accompagnement des structures sociales, nous estimons la dimension écologique de votre budget insuffisante.
Béatrice Vessiller

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