compte-administratif

Oui à l’investissement dans notre Ville !

Monsieur l’adjoint aux finances, merci pour cette présentation claire comme chaque année et je salue également la qualité du travail des services.

Nous le disions déjà lors du vote du budget primitif 2018, et cela se confirme avec le compte administratif : nous souscrivions pleinement au choix d’augmenter l’investissement, en particulier les dépenses réelles d’équipements qui augmentent de 40%. L’encours de dette au 31 décembre 2018 est de 33,78 M€ contre 26,68 M€ au 31 décembre 2017. Notre Ville a besoin d’investissement pour faire face à son évolution démographique et aux enjeux environnementaux qui s’imposent à nous. Malgré un contexte d’austérité imposé par le gouvernement depuis maintenant plusieurs exercices budgétaires, vous maintenez un niveau d’investissement satisfaisant grâce à l’emprunt et nous nous en réjouissons.

Le recours à l’emprunt reste peu élevé et permet d’engager des dépenses en matière d’équipements publics nécessaires puisque notre capacité de désendettement d’un an et demi est bien inférieure au seuil d’alerte généralement admis à 10 ans et demi.

Répondre aux besoins de nos concitoyens, c’est aussi répondre aux enjeux de la transition écologique. Les derniers chiffres de la biodiversité sont alarmants. Le tiers des oiseaux a disparu en 15 ans, la moitié des papillons en 20 ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les plantes sauvages se font rares. Les insectes sont en voie d’extinction, faisant planer la menace d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ».

Il va falloir utiliser au maximum les leviers dont nous disposons localement, pour être à notre modeste niveau, acteurs pour le climat. Les citoyens par milliers dans les rues de toute la France et notamment dans celle de la Métropole de Lyon lors des grandes marches pour le climat sonnent l’alerte et l’urgence. Prenons nos responsabilités et démultiplions les efforts et les dépenses dans les parcs et jardins. Les restes à réaliser notamment pour l’aménagement urbain et paysager (4,6 M€) sont encourageants avec divers aménagements dans les parcs et jardins municipaux, parc de la Feyssine (0,18 M€), traversières rue Lafargue (0,13 M€), aménagement rue E. Vaillant (88 K€), square Dreiech (47 K€). Mais à l’échelle de la ville et de son développement urbain, nous pourrions faire davantage encore, tant nos concitoyens ont besoin de nature en ville, tant la ville polluée et imperméabilisée a besoin de la végétalisation pour se rafraichir et s’assainir.

L’un des points négatifs de ce compte administratif est la forte baisse des subventions d’équipement, destinées au financement de dépenses d’investissement d’organismes publics ou privés. Elles sont en baisse de 3,7 M€ soit 36% par rapport à 2017. Ces subventions permettent notamment des opérations de construction de logements locatifs sociaux financées par des prêts PLUS ou PLAI, l’aide aux bailleurs sociaux pour la réhabilitation de logements avec pour objectif l’amélioration de la performance énergétique. Nous regrettons que ce budget soit si fortement en baisse.

Concernant les dépenses de fonctionnement, vous avez engagé un plan d’économies en 2016 pour réduire certaines dépenses. L’objectif était de réaliser 7,6 M€ d’économies soit en moyenne 1,9 M€ d’économies par an à périmètre constant de 2016 à 2019. Cette année, nous constatons que l’objectif de cette baisse n’est pas tenu. Cela nous semble raisonnable compte tenu de l’évolution démographique de notre ville : les dépenses de fonctionnement participent à rendre un service public de qualité. La rigueur imposée par l’État ne doit pas conduire à un service public à bas coût. On ne peut pas à la fois demander plus de résultats, exiger plus des collectivités, leur demander d’innover et de s’adapter rapidement à des mutations profondes sans leur donner les moyens d’agir ! Derrière ce plan d’économies imposé par l’Etat, il y a nos agents, déjà largement mis sous pression par les baisses de dotations et la réduction des dépenses de personnels. D’ailleurs, nous constatons une baisse de quasi 1% des dépenses de personnel. Vous indiquez que les enveloppes de remplacement sont en baisse du fait d’un moindre absentéisme (-0,29 M€), et parce que le dispositif des emplois d’avenir (-0,425 M€) est en voie d’extinction. A cela s’ajoute la disparition des contrats aidés, auxquels l’Etat a substitué les Parcours Emplois Compétences avec une période de latence entre les deux dispositifs. Tout cela ne va pas dans le bon sens… Par contre, le budget du périscolaire augmente de 0,18 M€ à cause d’une hausse de la fréquentation et de l’augmentation du nombre de postes permanents ce qui est une bonne chose.

Dans les éléments positifs que nous tenons à souligner, nous notons avec satisfaction la baisse des consommations d’eau et d’énergie alors que les surfaces du patrimoine municipal augmentent : les travaux de rénovation thermique, les actions de maitrise des consommations d’énergie dans les bâtiments et l’éclairage public montrent leurs effets. Les travaux importants dans les écoles sont également très positifs.

Pour finir, nous restons très critiques sur la part du bio et du local dans les achats de la restauration scolaire. Concernant le pourcentage d’approvisionnement en bio et local, celui-ci s’établit à 27% pour 2018 : 13% bio local et 14% local contre 9 % pour le bio et 16 % pour le local l’année dernière mais avec un mode de calcul différent. Le CA indique que ce pourcentage est calculé cette année sur le nombre de composantes et non sur le montant des achats. Il est donc difficile de faire une comparaison éclairante mais peut-être pourriez-vous nous donner des éléments lors de vos réponses. Vous notez « une  progression sensible du bio » dans le rapport mais nous sommes sans doute encore loin des exigences de la loi Agriculture et alimentation d’octobre 2018 qui impose 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines scolaires d’ici 2022. Vous indiquez le renouvellement du marché en 2018. Vous avez clairement loupé le coche. A l’heure où les attentes des familles sont extrêmement fortes dans ce domaine et où de nombreuses collectivités font des pas de géant, nous avançons à petits pas sur un sujet important pour la santé de nos enfants et l’environnement.

Je vous remercie pour votre attention.

Olivier Glück

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