camera videosurveillance

De la prévention et présence humaine plutôt que de la vidéosurveillance inefficace et coûteuse !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Vous nous proposez dans cette délibération d’étendre le dispositif de vidéoprotection de l’espace public dans notre commune en étendant les implantations de caméras dans des secteurs déjà équipés mais aussi en proposant la couverture de nouveaux secteurs ainsi que des caméras nomades pour un budget prévisionnel de 410 000 euros.

Nous rappelons qu’aucune étude ne prouve l’efficacité de la vidéosurveillance, pardon, la vidéoprotection, terme beaucoup plus flatteur pour ce qui reste une intrusion dans la vie privée. Des analyses de spécialistes montrent plutôt leur inefficacité relativement à leur coût prohibitif. Des chambres régionales des comptes ont épinglé le coût excessif de ces équipements notamment à Saint-Etienne, Lyon et Nice.

Par exemple, le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, a publié une étude en 2018 qui montre que l’apport de cette technologie est négligeable dans les enquêtes judiciaires.

L’auteur a réalisé trois enquêtes de terrain très détaillées sur plusieurs mois dans trois villes totalement différentes équipées du dispositif. Les conclusions sont les suivantes.

Dans la petite ville, les recherches d’images des caméras ont été fructueuses pour seulement 4,5% des infractions. Dans la ville moyenne, 6% des incidents constatés relèvent de la délinquance. La vidéosurveillance n’a contribué à l’élucidation d’enquêtes policières que dans 2% des cas. Seul effet notable des caméras : la délinquance s’est déplacée ailleurs.

Dans la grande ville, Marseille, plus de 1000 caméras ont été installées ainsi qu’un centre de supervision qui emploie près de 50 policiers municipaux. Dans les faits, les images servent surtout à la vidéoverbalisation des véhicules. Elles n’ont permis d’élucider que 5% des enquêtes policières. Le coût annuel de la vidéoprotection est estimé à 7 millions d’euros. N’est-ce pas là un exemple édifiant de gaspillage d’argent public ?

Chaque jour ou presque, des petites villes, voire des villages, cèdent à la mode de la vidéosurveillance, censée leur amener un « plus » indiscutable en termes de sécurité. Les élus font campagne sur ce thème, les pouvoirs publics encouragent les communes à s’équiper et un lobby industriel très actif en tire des confortables bénéfices.

Il ne s’agit pas pour nous de refuser de manière dogmatique toute approche de la vidéosurveillance mais nous nous questionnons sur son efficacité et surtout son coût.

Nous souhaiterions disposer d’un bilan plus fourni que celui que vous avez transmis en annexe du compte-rendu des commissions. Selon le bilan 2018, 30 réquisitions ont donné lieu à une extraction d’images pour 29 caméras fixes pour un coût de 250 000 euros. Cela fait cher la réquisition !

Nous préférerions que les moyens financiers et humains permettent à la police municipale d’assurer une couverture accrue de tous les quartiers de Villeurbanne et permettent d’accentuer les dispositifs de prévention avec par exemple la création de postes d’animateurs de rue et de médiation sociale. Vous l’avez compris, nous sommes opposés à la généralisation des dispositifs de vidéosurveillance. Par conséquent, nous voterons contre cette délibération.

 Je vous remercie de votre attention.

Olivier Gluck

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