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Loi Blanquer : Pour une véritable école de la confiance

À Villeurbanne comme dans de nombreuses autres villes, depuis plusieurs semaines, les membres de la communauté éducative, enseignant·es, parents d’élèves, personnels communaux sont mobilisé·es contre le projet de loi « Pour une école de la confiance », qu’ils jugent inquiétant pour l’avenir de l’enseignement public. Différentes actions ont été organisées : réunions d’information sur la loi, diffusion de tracts, chaîne humaine d’une école à une autre, concert de vacarme…

 Grâce à ces mobilisations, le texte initial a été largement modifié. En particulier, l’article de la loi Blanquer instituant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) qui avait tant mobilisé les enseignants, a été supprimé. Disparition également de l’article permettant de supprimer les allocations familiales aux parents d’enfants absentéistes et de celui qui interdisait le port de signes religieux pour les parents accompagnateurs de sorties scolaires.

 En revanche, le remplacement l’inscription de la scolarisation obligatoire des enfants dès l’âge de trois ans reste bien dans la loi. Si l’on peut se féliciter de l’importance accordée à l’éducation des jeunes enfants, cela oblige toutes les communes à financer la scolarisation des élèves inscrit·es dans les écoles maternelles privées sous contrat d’association avec l’État, sans que celles-ci soient tenues à un devoir de mixité sociale comme l’école publique l’est. Cette dépense supplémentaire est préoccupante car elle crée une charge nouvelle pour la commune dont les modalités de compensation par l’État sont fragiles.

 Avec la loi Blanquer la République symbolique est préférée à la République en actes. L’Assemblée nationale a préféré voter pour le symbole républicain (drapeau français et paroles de la Marseillaise dans chaque classe) alors que les symboles sont visibles au fronton de tous les établissements scolaires, plutôt que d’accorder un véritable accès pour tous à l’éducation. En effet une proposition de loi sur l’école inclusive, largement modifiée a été adoptée par la commission des affaires culturelles et de l’Éducation : son article 1er qui prévoyait de garantir aux parents l’affectation d’un accompagnant des élèves en situation de handicap au plus tard 45 jours avant la rentrée scolaire n’a pas été adopté et a été remplacé par un autre qui n’accorde plus à ces parents que le « bénéfice d’un entretien » avec l’enseignant et l’AESH (Accompagnement des Élèves en Situation de Handicap). Encore faut-il qu’il y ait une aide accordée : on sait qu’aujourd’hui 10 à 30% des enfants en situation de handicap qui devraient bénéficier d’une aide n’en bénéficient pas à la rentrée scolaire. C’est donc une logique comptable qui a prévalu, particulièrement mal venue dans ce domaine, tant la France est en retard dans la mise en œuvre des pratiques inclusives, malgré un progrès certain.

 Notre école de la confiance a pour ambition d’emmener chaque élève de la République à s’épanouir, à disposer des clefs de la compréhension du monde dans lequel il vit, à pouvoir exprimer librement ses opinions de manières argumentées, à disposer des clefs du vivre ensemble, et de celles du bien-vivre tout en préservant l’avenir de la planète… Notre école de la confiance ne considère pas les élèves comme des variables d’ajustements budgétaires mais met en place les moyens nécessaires pour permettre la réussite de la scolarité de chaque enfant.

Notre école de la confiance promeut les valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité. Elle accueille tous les enfants quelles que soient leurs particularités et différences en leur offrant une scolarité adaptée à leurs besoins.

 Le conseil municipal de la Ville de Villeurbanne, réuni en cette séance demande :

  • de maintenir des personnels formés et qualifiés pour s’occuper des enfants de l’école publique,
  • des moyens administratifs qui permettent aux personnels enseignants et aux directeurs des établissements du 1er degré de se consacrer pleinement et sereinement à leur mission éducative,
  • le déploiement de moyens à la hauteur des besoins pour l’inclusion de tous les enfants et le maintien du rôle central de la Maison Départementale et Métropolitaine des Personnes Handicapées dans la définition des besoins de chaque enfant,
  • une compensation totale et pérenne du financement des écoles maternelles privées sous contrat, et la mise en place de contreparties en matière de mixité sociale notamment.

 Je vous remercie.

 Olivier Glück

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