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Projet Grandclément : pour un quartier qui préserve le climat, et offre des prix accessibles à tous !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Le quartier  de Grandclément connaît depuis des années une mutation extrêmement rapide, et cela essentiellement dans des opérations de promotion privée, qui démolissent une maison ou un petit immeuble de faubourg et reconstruisent un grand immeuble dont les prix au m² oscillent, à titre d’exemple au vu d’une annonce récente, entre 4 800 et 5 300 € du m² !! Dans ces opérations en diffus, il n’y a pas d’exigence de participation financière aux équipements publics, contrairement aux projets urbains partenariaux et surtout avec une procédure de ZAC, où les promoteurs participent au financement global de l’opération, y compris les voiries et parcs publics. Donc nous souscrivons au choix de la ZAC pour poursuivre l’aménagement du quartier Grandclément.

Nous devons nous prononcer aujourd’hui sur l’étude d’impact préalable à la création de la ZAC. 

Tout d’abord, nous souhaitons rappeler que nous approuvons aussi le projet de mixité entre activités économiques et habitat et souhaitons que les équipements publics – école, crèches, équipements sportifs – soient aussi intégrés dans ce projet de 1 200 logements et d’activités.  Nous soulignons, bien sûr, l’intégration dans le projet d’un parc public de 3,5 hectares, qui sera un véritable poumon vert dans ce quartier, un lieu de détente et d’activités diverses à imaginer dans un projet à construire avec les habitant-e-s et le conseil de quartier. Ce parc contribuera à absorber la chaleur et fournira un îlot plus tempéré lors des canicules que nous connaîtrons nécessairement dans les années qui viennent. 

Pour autant, plusieurs points soulevés par l’étude d’impact nous interrogent. La Ville et la Métropole pourraient choisir de faire de ce projet un éco-quartier véritablement exemplaire sur le plan environnemental mais aussi social, pour contenir les prix de l’immobilier notamment. D’abord en termes de désimperméabilisation, au-delà des 5 hectares qui seront aménagés pour permettre l’infiltration des eaux pluviales dans le sol, ne peut-on envisager d’augmenter ces surfaces désimperméabilisées ? Car il y a là un enjeu de lutte contre les îlots de chaleur mais aussi de ressource en eau, puisque l’infiltration permet de recharger la nappe phréatique quand l’évacuation des eaux pluviales dans les réseaux d’assainissement les conduit finalement dans le Rhône… De plus, la mise en réseau des espaces désimperméabilisés ou de collecte des eaux pluviales pourrait contribuer à la création d’une trame bleue. En termes de trame verte, on aimerait que les schémas présentés dans l’étude montrent clairement la connexion avec les éléments extérieurs (Montchat, parc Vaillant-Couturier et la balme…).

Sur la qualité de l’air, l’étude indique que « l’aménagement entraînera une dégradation très modérée de la qualité de l’air dans un contexte de fond urbain déjà pollué », du fait de la hausse du trafic. En effet, même si les futur-e-s habitant-e-s prennent beaucoup les transports en commun, se déplacent à pied ou à vélo, il y aura, de fait, une hausse de la circulation. Il est aussi dit que les valeurs guides de l’OMS ne sont pas respectées pour le dioxyde d’azote et l’ozone. Pour la santé publique, on devrait s’appliquer ces normes-là, plus exigeantes. On pourrait ainsi imaginer faire, dans cet ensemble, des secteurs sans voiture, où on réduirait le stationnement individuel dans les logements au profit de places en auto-partage sur l’espace public pour dissuader de la possession individuelle de la voiture. Il faudrait y adjoindre un vrai accompagnement à la mobilité non polluante des nouveaux-elles habitant-e-s (offre d’abonnements aux transports en communs gratuits les premiers mois, ou à Vélo’v…). Signalons, au passage, que le volet transports de l’étude est incomplet puisque la ligne de bus C11 n’est pas mentionnée alors qu’elle dessert également le secteur sur un tronçon commun avec le  C3. De plus, il est dommage que le sujet de l’organisation de la livraison, de la logistique ne soit pas abordé dans ce projet qui conserve pourtant de la mixité fonctionnelle. 

En matière d’énergies renouvelables, l’extension du réseau de chaleur est indiquée comme une  opportunité  et c’est très bien, mais l’énergie solaire pourrait être mieux exploitée, notamment sur les bâtiments de type industriel, très présents sur le secteur, qui présentent un potentiel important de toiture disponible pour les panneaux photovoltaïques. Donc là aussi, soyons plus volontaristes. L’ambition est à renforcer sur la performance énergétique des bâtiments, avec des prescriptions en matière de taux d’énergies renouvelables incitant à recourir au solaire thermique et/ou photovoltaïque. Un quartier sobre en énergie doit aussi aujourd’hui être économe en « matières », ou ressources pour la construction. C’est pourquoi nous proposons que les bâtiments à construire ou réhabiliter soient à faible empreinte carbone : c’est-à-dire avec des matériaux recyclés ou biosourcés, qui non seulement sont intéressants sur le plan environnemental mais peuvent être issus de filières locales, que la Ville et la Métropole doivent soutenir. Actuellement, à la Confluence, un immeuble de bureaux est en cours de construction en pisé ; la terre provient d’un chantier à Saint-Quentin-Fallavier : du circuit court et une empreinte carbone imbattable !

Enfin, en matières d’espaces publics, on pourrait imaginer un vrai effort de requalification ou de création d’espaces publics de type places ou placettes qui contribuent à ancrer le futur quartier. Par exemple en s’appuyant sur la place Kimmerling et en créant des lieux de convivialité.  

À ce stade, nous votons l’avis favorable de la Ville mais espérons que nous aurons dans les mois et années proches l’occasion de renforcer l’ambition de ce projet pour en faire un véritable éco-quartier exemplaire pour les futur-e-s habitant-e-s mais aussi pour les habitant-e-s actuel-les et offrant du logement accessible aux ménages de toutes catégories, notamment grâce à l’office foncier solidaire qui sera prochainement créé par la Métropole.

Je vous remercie.

Béatrice Vessiller

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