DOB - copie 2

DOB : malgré les restrictions budgétaires, soutenir justement les services publics !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Puisqu’il s’agit du dernier débat d’orientation budgétaire du mandat, commençons par condamner à nouveau les restrictions budgétaires imposées par l’état durant ce mandat. Tout d’abord, le plan d’économie imposé par l’Etat de 2014 à 2017 à travers une baisse importante de la dotation de l’état aux collectivités territoriales qui représente un baisse de dotation supérieure à 7 millions d’euros pour notre commune ; ensuite, depuis 2018, une contrainte sur l’évolution des dépenses de fonctionnement qui empêchent les collectivités de développer ses services publics comme elles le devraient. Ainsi, dans notre ville, l’ensemble des dotations et compensations servies par l’état sont de 153 euros par habitant en 2018 contre 226 euros en 2007…

Cela est d’autant plus problématique que, comme il est mentionné dans le rapport, un nombre limité de ressources (fiscalité directe, dotations, compensations de l’état et de la métropole) représentent plus des trois-quarts (77,98 %) des recettes réelles de fonctionnement hors cessions. Cet état de fait donne à la collectivité des marges de manœuvre limitées et rend sa situation sensible à toute évolution majeure del’une de ces ressources. Nous déplorons également les mesures gouvernementales supprimant la taxe d’habitation sans garantie de compensation par l’Etat dans la durée. Cela peut certes, faire plaisir individuellement à chaque ménage individuel qui en bénéficie mais est un tournant dramatique pour le niveau local de l’action publique en France.. La fiscalité directe locale permet aux collectivités d’avoir une capacité d’action indispensable à la présence et au maintien de service public dans les territoires. 

Les dépenses de fonctionnement devraient augmenter l’année prochaine avec l’ouverture de nouveaux équipements importants comme les écoles R. Parks et S. Veil ou les crèches Keller et Carré de Soie… Les coûts de fonctionnement de ces services viendront accroître les dépenses de la collectivité et cela est positif pour les familles de Villeurbanne ! Plus de dépenses de fonctionnement, c’est plus de service public aux Villeurbannais !

Il est indiqué dans le rapport « Au vu des caractéristiques en particulier de l’année 2020 en termes d’ouverture de services publics, il conviendra de déterminer l’équilibre entre les besoins d’évolution du territoire, les attentes des citoyens et les moyens de fonctionnement des services au public, et les marges d’optimisation possible, pour se positionner en termes d’objectif de dépenses et quant à une éventuelle pénalité à supporter. ». Les élections municipales qui s’annoncent seront surement l’occasion pour chaque Villeurbannais de s’exprimer sur le niveau de service souhaité et attendu. Pour notre part, nous pensons que l’attente des concitoyens en matière de services publics est élevée ! Notons également qu’en 2018  à Villeurbanne, les dépenses réelles de fonctionnement sont de 818 euros par habitant alors que la moyenne de la strate des villes de plus de 100 000 habitants hors Paris est de 1150 euros par habitant.

Concernant les dépenses de fonctionnement, nous notons également une relative stabilité, fruit d’un travail engagé depuis le début de ce mandat de réguler des pôles importants générateurs de dépenses comme l’énergie. Les charges de personnel ont légèrement diminué cette année mais devraient à juste titre progresser l’année prochaine. Rappelons que le personnel, l’organisation des services et des charges de travail ainsi que les remplacements ne peuvent être la variable d’ajustement des économies imposées par l’état et l’Europe. Je voudrais rappeler à Monsieur Morel qui vient de s’exprimer que les agents municipaux construisent et forgent le service public. La qualité de leur travail et de leurs conditions de travail permettent aussi l’efficacité du service public. Il est nécessaire selon nous d’assumer le fait d’augmenter ce poste de dépense.    

Dans les perspectives, les recettes de fonctionnement devraient augmenter avec l’arrivée de nouveaux services que nous soutenons : accueil du matin dans les écoles, nouvelles activités à Chamagnieu, extension du périmètre de stationnement payant. Ces nouveaux services aux familles ainsi que des politiques pour un meilleur partage de l’espace public sont des bonnes choses.

Concernant les dépenses d’investissement, vous faites un bilan pluriannuel des dépenses qui ont connu un maintien de niveau satisfaisant malgré une petite baisse en 2017. En 2018, les dépenses d’équipement représentaient 224 € par habitant, ce qui est très proche des 226 € par habitant pour les communes de + 100 000 habitants hors Paris. Mais dans le même temps, les mêmes dépenses des communes au niveau national, augmentent de 6,9 % contre 13,15 % à Villeurbanne. Villeurbanne avait beaucoup de retard dans l’investissement de ses équipements au début du mandat. Une partie du retard a été rattrapé. Cela nous donne l’occasion de redire ici à quel point l’investissement et le recours à l’emprunt sont nécessaires pour que les services publics et les équipements de proximité s’ancrent sur notre commune. La dette propre de Villeurbanne s’élève désormais à près de 34 M€ fin 2018 contre 27 M€ fin 2017, ce qui reste tout à fait raisonnable au regard des ratios des villes de taille similaire (82% en moyenne). La ville se doit d’investir et de s’équiper, le recours à l’emprunt est bien légitime.

Concernant les perspectives en terme d’investissement pour l’année à venir, nous nous réjouissons que les travaux dans les groupes scolaires demeurent le principal poste de dépense d’équipement ainsi que la création d’Equipement d’Accueil de Jeunes Enfants dont la Ville manque cruellement. 

Je vous remercie pour votre attention.

Olivier Glück

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