BP-parc

Un dernier budget de mandat décevant pour l’écologie

Nous aurons cette année une intervention à deux voix. Monsieur Gluck interviendra après moi.

Le budget 2020 est en légère hausse par rapport à celui de 2019, et malgré une baisse de 6 millions des investissements. le budget d’investissement  reste néanmoins important et permettra de financer de nouveaux projets tout à fait

nécessaires, tels que la nouvelle école à la Soie, la résidence seniors Château-Gaillard ou la maison médicale de garde, celle-ci répondra en partie à la forte attente des Villeurbannais en matière d’offre médicale. Il y aura aussi le complexe sportif à Cusset qui sera adossé au futur collège Gilbert Chabroux et répondra en partie à la carence d’équipements sportifs dans notre ville.   Nous saluons ces investissements et ces futurs équipements.

 L’autofinancement est à la hausse de 13%, par rapport à l’année dernière. Vous faites ce choix pour limiter le recours à l’emprunt, pourquoi pas mais la bonne santé financière de la ville et sa faible capacité de désendettement (1.5 ans alors qu’on peut admettre une durée un peu plus longue) pourrait aussi justifier d’autres choix, que nous considérerions aussi très utiles, j’y reviendrai plus loin.

Les recettes fiscales, principales ressources de la ville, progressent, à taux d’imposition constant (ce que nous approuvons), mais cette forte hausse des recettes est liée à la fois à la forte construction qui se poursuit à Villeurbanne et qui entraine aussi une hausse des recettes liées aux droit de mutation ( + 7% de hausse prévisionnelle prudentielle).

Sur les dépenses de fonctionnement, notamment celles relatives aux fluides et énergie nous notons comme l’année dernière, qu’elles sont en augmentation de 4 %.

L’augmentation des surfaces construites importe de redoubler d’efforts dans la réhabilitation pour des bâtiments moins énergivores.

Toujours, dans les charges à caractère général, vous évoquez dans la délibération, pour le budget alimentation, les données de l’exercice 2018 et rappelez la perspective d’évolution sensible sur 2019, « non consolidée à ce jour », selon vos propos. Ce n’est qu’en commission, que vous avancez le chiffre de 25% d’aliments bio et locaux. Nous sommes loin de l’objectif des 50% de la nouvelle loi du gouvernement, qui sera applicable dans 2 ans et regrettons que cet effort ne soit pas plus important dès 2020. Dans le domaine de la restauration collective, nous soulignons la mise en place d’un repas végétarien par semaine, comme l ‘impose la loi depuis quelques semaines.

Concernant le secteur Paysages et nature, comme l’année dernière, les projets restent tout à fait insuffisants puisque nous passons de 1,51 à 1,67 M€ !

L’augmentation est faible, compte tenu des canicules que nous avons vécu l’été dernier. Pour rappel, les températures à Villeurbanne avaient régulièrement dépassé les 40 degrés. Les chercheurs et spécialistes se montrent aujourd’hui affirmatifs : les changements climatiques ont eu un impact non négligeable sur les canicules qu’a connu notre pays — et une bonne partie de l’Europe, en juin et en juillet 2019. Les vagues de chaleur ne vont plus nous lâcher, il faut s’y adapter dès à présent . Avec 1 degré de réchauffement global actuel depuis 100 ans, si rien n’est fait, la hausse mondiale des températures pourrait atteindre 7°C à la fin du siècle, comme ont alerté les spécialistes lors de la COP 25 qui, hélas, se solde par une inaction climatique désormais chronique, à l’échelle mondiale.

Pour mieux résister aux  canicules, qui fragilise la santé, notamment des personnes les plus fragiles, nos concitoyens ont besoin de nature en ville, et la ville polluée, imperméabilisée, trop chaude, a besoin de la végétalisation pour être rafraichie et assainie. Le budget Paysages et nature ne nous semble pas à la hauteur de l’enjeu écologique indéniable !

Sur la subvention à l’ASVEL, que ce soit à l’association et à la SASP, les éléments de la délibération restent très flous, trop flous. Si nous nous félicitons de votre affichage de vouloir arrêter les subventions au club professionnel et de clarifier les relations entre le sport amateur et le centre de formation, nous regrettions qu’au moment du vote du budget, vous ne puissiez chiffrer les baisses ou réaffectations budgétaires concernées.

En conclusion, si nous notons un bon niveau d’investissement dans de nouveaux services et équipements, nous estimons la dimension écologique de votre budget insuffisante. Comme l’an  passé, nous nous abstiendrons donc pour ce budget primitif 2020 et notre collègue ayant une autre position, il va l’exprimer à son tour.

Je vous remercie.

Zémorda Khelifi

Share This: