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Squat Oblik : expulser, démolir, mais quelles solutions de relogement ?

Monsieur le Maire, chers collègues,

Vous nous invitez à voter pour l’autorisation de déposer un permis de démolir pour plusieurs parcelles situées 15 avenue Albert Einstein et rue du Canada. Cette ancienne usine qui abritait autrefois l’entreprise de dossiers suspendus « l’Oblik » est inoccupée depuis 2012. Fin décembre 2015, un collectif décide d’occuper les lieux, afin d’y héberger des personnes en situation précaire et sans domicile, mais aussi dans le but d’y organiser des activités associant démarche artistique, engagement environnemental, mise en œuvre de la solidarité et convivialité.

Dans un contexte de pénurie criante de l’offre d’hébergement pour les sans abris, cette délibération est l’occasion de pointer l’insuffisance des politiques publiques en matière de logement et d’évoquer l’état du logement en France : 3,8 millions de mal-logés et 12 millions touchés par la crise du logement.

Les différentes formules d’hébergement institutionnel jouent un rôle fondamental, mais nous savons tous qu’elles sont insuffisantes et leur capacité d’accueil ne couvre malheureusement pas les besoins. Ce manque récurrent de places conduit les personnes à trouver des solutions d’abri dont la précarité et l’insalubrité valent encore mieux que la rue. Mais quand elles n’ont aucune solution d’hébergement, c’est dans la rue ou dans leur voiture que ces personnes se retrouvent bien souvent.

Le collectif Les Morts de la Rue rappelle chaque année que plus d’une personne y décède chaque jour : 498 décès de la rue ont été comptabilisés en 2015, 409 à ce jour pour l’année 2016.

L’arsenal juridique, que vous avez d’ailleurs utilisé, existe pour mettre fin aux occupations illégales que personne ici ne défend. Mais nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la
situation de personnes, hommes, femmes et enfants, qui n’ont pas d’autre choix que de « squatter » pour survivre.

Nous profitons donc de cette délibération pour vous demander quelles solutions de relogement ont-elles été envisagées avant l’expulsion, pour les personnes qui logeaient dans ce squat ? Des rencontres ont-elles eu lieu avec ce collectif ? Si oui, qu’ont-elles donné ? Ces bâtiments étaient inoccupés de 2012 à 2015, ce qui signifie qu’il n’y a pas urgence à les démolir. La signature d’une convention d’occupation précaire des lieux avec le collectif n’était-elle pas possible en attendant de savoir ce que la ville fera réellement de ce lieu ?

Je vous remercie pour vos réponses.

Zémorda Khelifi

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