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Un plan climat ambitieux : make Villeurbanne green again, but also France too!

Tout d’abord, nous saluons le travail remarquable réalisé pour la construction de ce nouveau PCAET riche de nombreuses actions et projets de la ville, 2 ans après la cop21 de Paris et qui vient compléter le PDA2 et le PLSE.

Tempêtes destructrices, pollutions, canicules voire même disparition progressive d’États due à la montée des eaux, les conséquences du réchauffement climatique sont là. Nos modes de vie et de consommation, celui des pays dit « développés », sont directement responsables de ces catastrophes. Les émissions de gaz à effet de serre sont directement liées à la consommation effrénée d’énergie fossile, en particulier du pétrole. En France, près de 80% des habitants de notre pays habitent en ville. C’est donc dans les villes que nous devons élaborer des solutions nouvelles.

Ce PCAET est indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences. Dans le document, il nous est rappelé que la température devrait atteindre plus 3 à 5 degrés (et plus 4 à 8 l’été) d’ici la fin du siècle à Villeurbanne. De nombreuses sécheresses vont s’installer sur notre territoire, faisant de la ressource eau un bien rare et précieux, avec des conséquences sur la biodiversité puisque certaines espèces ne pourront pas s’adapter à ces évolutions drastiques.

Ce PCAET a le mérite de bien poser le diagnostic et les enjeux, dans tous les domaines, tant de consommations d’énergie que d’émissions de gaz à effet de serre et de définir différentes actions. On y apprend que le 2ème bilan carbone réalisé par la ville en 2014 a démontré l’efficacité de démarches jusqu’à présent entreprises comme la rénovation énergétique du patrimoine municipal et l’optimisation de l’éclairage public

La rénovation du patrimoine bâti pour des travaux de rénovation énergétique est à saluer et nous ne pouvons qu’inciter la ville à la renforcer, car elle permet aussi des économies sur le budget de fonctionnement, ce qui n’est pas à négliger en cette période de baisse croissante des dotations de l’Etat. Inciter à l’isolation des logements privés est également important, en particulier ceux des plus modestes, pour prévenir la vulnérabilité des personnes et la précarité énergétique. Les dispositifs de la ville et celui de la Métropole écorénov sont extrêmement pertinents.

Quant à l’optimisation de l’éclairage public, c’est bien, mais c’est sur la sobriété énergétique et les économies d’énergie de façon globale qu’il faut aussi travailler. Le rapport Développement durable de 2016 n’était d’ailleurs pas très rassurant et montrait une légère augmentation des consommations d’électricité pour la ville.

Par ailleurs, l’action 56 évoque l’initiative citoyenne de l’association Toits en transition qui vise à réaliser sur les toitures, des installations de production d’énergie solaire, notamment photovoltaïque. La Ville de Villeurbanne souhaite encourager cette démarche en mettant à disposition la toiture de l’école Léon Jouhaux. Si l’éolien ne peut se développer, comme il est indiqué dans le document, celui du solaire nous semble indispensable. Un objectif de mètres carrés de toiture ou de x kw de production à installer ne pourrait-il pas être inclus dans le plan d’actions avec notamment des projets sur d’autres toits de bâtiments publics pour des centrales citoyennes ?

Autre point, nous constatons que des efforts sont entrepris pour végétaliser la ville par l’aménagement notamment de nouveaux parcs, cela va dans le bon sens, et nous saluons la livraison cet été du parc Hugentobler mais compte tenu du développement urbain de ces 10 dernières années et des prévisions du PLU-H pour les 15 prochaines, bien plus de parcs, jardins, murs et toits végétalisés sont nécessaires pour rafraîchir la ville, réduire les îlots de chaleur, développer les puits carbone et proposer de nouveaux espaces pour la biodiversité, articulés avec des espaces de détente pour les habitants. Sur cette question des parcs, pourquoi ne pas se donner un objectif de mètres carrés végétalisés à atteindre ? Y compris avec de nouveaux parcs. Cela permettrait de voir l’évolution de la part de la nature en ville.

L’enjeu pollution de l’air à présent. Comme il est rappelé dans le rapport, Villeurbanne est une ville très polluée. « La présence du périphérique en bordure Est de la commune de Villeurbanne constitue une source importante de pollution liée aux transports », à laquelle sont particulièrement exposées les populations les plus fragiles et les plus modestes. Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, la mauvaise qualité de l’air actuelle réduit jusqu’à deux ans l’espérance de vie des lyonnais et villeurbannais. Et des cas d’asthme sont de plus en plus fréquents. Cette pollution a un coût pour la santé des habitants et les finances publiques. Une demande d’ailleurs que les écologistes font depuis de nombreuses années permettrait de réduire cette pollution : l’abaissement de la vitesse sur le Bd Bonnevay à 70km/h, comme prévu dans le Plan de protection de l’atmosphère (PPA) et jamais mis en œuvre.

Il faut nécessairement investir plus rapidement dans les transports alternatifs à la voiture. Le vélo bien sûr, les pistes cyclables mais surtout les transports en communs. Il est rappelé à plusieurs reprises que l’enjeu des déplacements est fondamental pour la ville de demain. Cet enjeu ne trouve pas systématiquement d’écho dans la réalité. Le C3 en est un bel exemple. Espérons que les années à venir permettront le développement de réseaux de transports en commun attractifs et inciteront au report modal de la voiture vers les transports en commun.

D’autre part, nous demandons la mise en place d’une zone à circulation restreinte, où ne rouleront que les véhicules autorisés (en fonction de la vignette Crit’air) : une grande concertation doit être organisée pour définir le périmètre, le calendrier et les véhicules concernés. Des aides financières sont à mettre en place pour accompagner le changement de véhicules les plus polluants pour les ménages les plus modestes et les artisans. Un périmètre Lyon-Villeurbanne « intra- périphérique » pourrait être mis en débat, des études sur les impacts attendus en matière de réduction de la pollution selon le périmètre retenu doivent être fournies aux citoyens.

Dans la réduction des GES vous faites également allusion à l’intégration de produits bio et locaux dans la restauration collective. Votre objectif qui est je cite de « Poursuivre l’optimisation de l’approvisionnement en produits locaux et biologiques » semble tout-à-fait louable, mais pour l’instant en ce qui concerne le bio, vous nous démontrez plutôt le contraire puisque sa part dans les cantines a plutôt tendance à se réduire. Pourquoi ne pas recourir à des approvisionnements relevant de l’alimentation durable, c’est-à-dire respectueuse de l’environnement et de l’usage raisonné des ressources naturelles avec 30 % minimum de produits issus de l’agriculture biologique, dont la totalité sur les fruits, légumes, céréales et légumineuses, et un recours significatif aux labels et signes d’identification et de qualité et d’origine sur les autres catégories de produit. Pourriez-vous nous donner un objectif en pourcentage pour le bio et le local pour les prochaines années par exemple ? Ce qui nous permettrait d’avoir un indicateur de suivi.

Par ailleurs, nous notons (et vous en remercions) que vous avez entendu la proposition de notre groupe faite il y a quelques temps. L’action n°25 permettra d’expérimenter la démarche de désinvestissement carbone et d’inciter les opérateurs financiers de la ville, à ne plus investir dans les secteurs d’activités polluants, consommateurs en ressources fossiles et plus généralement, des activités destructrices du climat.

Une dernière interrogation concerne la méthode. Comment et avec qui ce document a-t-il été construit ?

Pour résumer, ce PCAET est pragmatique, concret et répond aux exigences et urgences qui s’imposent aujourd’hui à notre Ville. Aussi, Monsieur le Maire, Madame l’Adjointe, nous comptons sur votre détermination pour la mise en œuvre de ce cahier des charges ambitieux et nécessaire.

Espérons que les budgets et les projets suivront. Le PCAET est pour nous une démarche collective au-delà des groupes politiques. Nous sommes preneurs d’une participation à une instance de pilotage consultative afin de pouvoir avoir quelques suivis d’indicateurs.

Parce que la transition écologique version Macron, c’est plutôt le CETA, la suppression des aides au maintien de l’agriculture bio, le prolongement des autorisations du Glysophate, etc, c’est à nous, élus locaux, de redoubler d’efforts pour la rendre effective. Mais nous restons lucides sur le fait que sans action publique cohérente à toutes les échelles, la France ne parviendra à tenir les objectifs ambitieux des accords de Paris, dont Macron a dit qu’ils n’étaient pas négociables. Rappelons-le sans cesse à ceux qui nous gouverne !

Make Villeurbanne GREEN again, yes of course ! but also, make France GREEN again too!

Je vous remercie.

Zémorda Khelifi

 

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