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Des enfants sans toit, des logements vides, la loi doit s’appliquer !

Monsieur le Maire, puisqu’il me reste un peu de temps et que ce jour, comme chaque année, nous célébrons la journée internationale des droits de l’enfant, permettez moi d’évoquer le fait qu’une semaine après la présentation du dispositif hivernal d’hébergement d’urgence par le préfet, 223 enfants sont sans hébergement dans la métropole lyonnaise selon un recensement du collectif « Jamais sans toit ». A Villeurbanne, cela concerne deux familles de l’école Ernest-Renan, neuf enfants de l’école Jean-Zay mais aussi des élèves du collège Môrice-Leroux et sans doute d’autres encore. A ces 223 enfants s’ajoutent 120 jeunes isolés sans famille qui se sont vus récemment refuser toute prise en charge.

Ces situations sont intolérables alors que le droit à l’hébergement d’urgence est inscrit dans la loi selon l’Article 3452-2 du Code de l’Action sociale et des familles : « Toute personne en situation de détresse a accès, sans aucune condition de régularité de situation, à tout moment à un hébergement d’urgence. » C’est également un droit constitutionnel, puisque l’alinéa 10 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 dispose que « la nation assure à l’individu et à la famille, les conditions nécessaires à leur développement.» Et c’est enfin une obligation au titre de la Convention internationale des droits de l’Enfant dont la France est signataire.

Alors que des logements privés et publics restent vides dans toute l’agglomération, que des expériences étrangères ont montré qu’il était moins coûteux d’héberger les sans abris que de les laisser dehors, comment peut-on encore laisser des familles entières passer l’hiver à la rue ? 6 000 personnes dorment dans la rue malgré les 23 000 logements libres sur Lyon et ses alentours.

Olivier Glück

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