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PLU-H : Ralentir la construction et végétaliser la ville

Monsieur le maire, chers collègues

Le PLUh est un document important pour une ville et la qualité de vie de ses habitants : mais ceux-ci le connaissent très peu. Malgré les réunions organisées à Villeurbanne, notamment pour les conseils de quartier, nos concitoyens sont encore loin de ce document technique et complexe (15 documents entre les plans et les rapports). Il y a donc un vrai enjeu démocratique à le faire connaitre, comprendre, approprié par les Villeurbannais, pour qu’ils s’expriment lors de l’enquête publique au printemps prochain. D’autant que la délibération qui nous est soumise ne présente pas les grandes caractéristiques de ce qui est prévu pour la ville, mais demande des modifications de points ponctuels qui n’avaient pas été vus pendant l’élaboration.

La croissance urbaine et démographique est trop forte à Villeurbanne depuis plusieurs décennies, trop forte, à la fois pour satisfaire les besoins d’équipements publics et la qualité de vie. On a du y pallier avec des écoles provisoires ; la pression est aussi forte sur les piscines et les stades. Les Villeurbannais ont besoin de parcs publics en proximité : plusieurs espaces ont été livrés (extension du parc Chanteur, promenade de la Gare, parc Jacob Hugentobler…) avec une fréquentation immédiate importante, preuve s’il en est nécessaire des attentes de nos concitoyens, jeunes, ainés, mais aussi usagers des installations sportives du nouveau parc Chanteur. Avec ce Plu-H (et le SCOT voté en 2010), l’objectif est d’accueillir 20 000 nouveaux habitants d’ici 2030, soit 1000 habitants par an. Or, la  ville a gagné 21500 habitants en 15 ans entre 1999 et 2015, donc un rythme beaucoup plus soutenu de 1400 habitants par an. La ville a besoin de respirer et de renforcer ses équipements et services publics actuellement en tension au regard de cette démographie galopante.

Nous souhaitons donc que cette croissance se ralentisse vraiment et notamment dans les secteurs déjà les plus denses, avec un flèchage prioritaire vers les opérations publiques, Gratte Ciel, Terrain des sœurs, et les quartiers plus à l’Est, Grandclément, La Soie et Saint jean où il faudrait accélérer la définition du projet urbain avec les habitants et le début de sa réalisation. A propos de Gratte-ciel, pouvez-vous nous indiquer si la Région va bientôt engager la construction du lycée Brossolette SVP ?

Dans le PLU-H, le développement de zones mixtes, habitat/activités économiques, notamment artisanales est un point positif pour préserver des lieux d’emplois dans la ville et faciliter l’installation d’artisans, de commerces de proximité. Mais nous regrettons que les zones pavillonnaires (Zones Uri1) soient réduites d’une quarantaine d’ha, notamment vers le bd Einstien, alors que le PLU –H présente bien les quartiers pavillonnaires qui font « partie de l’ADNurbain de Villeurbanne » ( cf cahier communal) p7, et décrits dans le document d’intérêt patrimonial.

Nous souscrivons au défi environnemental du PLU-H, bien sur, avec pour Villeurbanne l’objectif de développement de l’armature des parcs et de la nature en ville; pour nous, cela doit être partout dans la ville. Villeurbanne est un des secteurs les plus artificialisés du bassin – centre » (cf cahier communal p6). Donc pour s’adapter au réchauffement climatique, on sait la végétalisation est un enjeu majeur : il faut ombrager la ville, la végétaliser, laisser l’eau de pluie s’infiltrer…et offrir ainsi aux habitants plus d’espaces de détente et de respiration. Cela se traduit dans le nouveau PLU-H pnotamment ar la préservation du patrimoine arboré, par un coefficient de pleine terreaugmenté de 5 % dans toutes les zones (de 5 à 10% dans les zones denses, de 10 à 15% dans les zones mixtes, de 30 à 35 % dans les zones pavillonnaires). 

Et le dessus des parkings ne sera plus considéré comme de la pleine terre, car il n’était pas possible d’y planter des arbres de haute tige. Concernant les nouveaux parcs, il y a le projet de Grandclement et plusieurs petits parcs dans les projets urbains partenariaux ou certains quartiers. Nous notons ces avancées pour renforcer la végétalisation mais 4 ha de nouvelles réserves au vu des 20 000 habitants supplémentaires (dont la plupart sont déjà connues dans les PUP ou les ZAC) , nous pensons que cela ne suffira pas …(13 réserves pour parc à comparer aux quelque 150 réserves pour les élargissements ou création de voirie…)

Dans tous les cas, nous souhaitons que le parc Grandclement soit réalisé au plus tôt, sans attendre que toutes les constructions prévues soient faites, de même que les parcs ou jardins plus petits : on pourrait commencer par les vides au lieu d’attendre les pleins ! 

Nous avons noté aussi que sur le dépot d’Alsace, est indiqué une réserve pour un parc. Dans ce quartier très dense qui manque d’espaces verts, il y en aurait besoin, mais nous ne pouvons pas nous contenter de cette projection bien hypothétique : d’une part, un dépôt de bus en plein centre est intéressant pour le fonctionnement des TCL (ça évite des km de bus vides pour aller dans un dépot en périphérie), et c’est un lieu intéressant au titre du patrimoine et de l’histoire industrielle de la ville. Le centre équestre de la Doua devrait aussi être une réserve pour un parc au lieu d’un site de développement d’activités comme c’est prévu au Plu-H.

La mise en valeur des berges du canal est  un projet intéressant, nous y ajoutons la nécessaire amélioration de l’accès à ce site à vélo, par Cusset et Cx Luizet car aujourd’hui, il n’y a pas d‘itinéraire sécurisé en modes actifs depuis le centre de Villeurbanne. Nous rappelons aussi notre proposition ancienne de nouvelle passerelle modes doux entre les 2 ponts actuels.

Sur le thème du lien avec les déplacements, nous regrettons que le tracé indicatif du tramway T6 se limite à une seule intention par gratte-ciel avec l’arrivée à la Doua gaston Berger alors que nous pensons que d’autres choix doivent être étudiés, notamment pour arriver à l‘Insa, par des tracés plus à l’Est (par les rues Vaillant, des Bienvenus, ou Flachet/château Gaillard). En revanche, nous approuvons les 14 emplacements prévus pour des liaisons piétonnes ou cyclables et l’évolution des normes de stationnement pour réduire l’usage de la voiture : dans les quartiers bien desservis par le métro et le tram, l’obligation de places de stationnement est réduite dans les nouveaux immeubles d’habitation. Au contraire, les obligations de stationnement vélo sont renforcées : il faudra désormais construire 2,5 fois plus de places que dans le Plu actuel (1.5 place pour 60 m2 au lieu de 1 place pour 100 m2) avec une exigence de bonne accessibilité du parking à vélo dans les immeubles. 

En termes d’équipements publics (écoles, gymnases, stades…), même si de nouvelles écoles ou des extensions sont prévues à Gd clément et la Soie, il faut une meilleure anticipation que précédemment, car, même si lesprojets d’écoles sont aujourd’hui lancés, le retard pris ne se rattrape pas facilement. En plus, nous sommes réticents sur les projets d’extension car certains groupes scolaires ont déjà un nombre de classes trop élevés (A. France, E. Herriot, Cx Luizet, E, Jean Moulin…),  ce qui est préjudiciable à un enseignement apaisé et de qualité 

Enfin sur le logement, le développement des secteurs de mixité sociale et de taille minimale de logement est positif, avec une part obligatoire de logement social et très social dans les constructions de plus de 1000m2 deplancher, et une part de logement de plus de 66 ou 80 m2, pour limiter la construction par les promoteurs de petits logements locatifs, qui sont lucratifs pour les investisseurs mais ne répondent pas à la demande de grands logements. 

Ce projet de PLU-H comporte des avancées que nous avons soulignées ; nous avons des points de vigilance ou de forte inquiétude sur les rythmes, et les secteurs prioritaires de construction,  la végétalisation et l’accroissement de population. Et nous souhaitons que la ville et la métropole mettent en place un dispositif pour rendre réellement accessible et compréhensible ce document aux Villeurbannais afin qu’ils s’expriment lors de l’enquête publique.

Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons sur la délibération.

Béatrice Vessiller

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