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Contrat Local de Santé : la santé environnementale doit être l’enjeu central

Dans un contexte général de baisse de la démographie médicale, de développement des dépassements d’honoraires, d’augmentation du coût des cotisations aux mutuelles complémentaires, de casse de l’hôpital public au profit des structures privées, le Contrat Local de Santé est un outil non négligeable pour notre politique de santé. Il participe à la réduction des inégalités territoriales et sociales de santé et permet de mieux coordonner les actions sur les territoires vulnérables dans la mise en œuvre concrète d’une démarche santé ciblée géographiquement. Avec celles du climat, de l’énergie et de la biodiversité, la crise sanitaire est le quatrième volet majeur de la crise écologique. Les principales causes de mortalité et de souffrance modernes sont dues à des maladies corrélées aux modes de vie et à l’environnement. Les maladies de civilisation progressent plus vite que les progrès de la médecine : diabète, obésité, cancers, asthme, allergies, maladies neurologiques, souffrance au travail, souffrance psychique, alors que la connaissance des facteurs de risque indique que la plupart seraient évitables.

Ce contrat composé d’éléments de diagnostic très complets et intéressants fait tout d’abord plusieurs constats inquiétants : les inégalités ne font que se renforcer. Celles des liens entre la santé, l’environnement et le milieu social sont criantes : les personnes des quartiers en politique de la ville sont celles qui se soignent le moins et qui ont le moins accès à un médecin de proximité. Ce sont elles pourtant qui sont le plus exposées au problème de nutrition et au risque environnemental lié à la pollution. La pollution liée au périphérique doit devenir un enjeu central pour la Ville – il faut trouver des solutions avec notamment des politiques de déplacements ambitieuses. Villeurbanne est une ville très polluée. La pollution atmosphérique réduit jusqu’à deux ans l’espérance de vie des lyonnais et villeurbannais et coûte au contribuable français 68 à 97 milliards d’euros/an. L’axe 3 du CLS porte sur la santé environnementale et montre qu’il y a maintenant un consensus pour considérer que la politique de santé ne se résume pas au système de soins et que toutes les politiques publiques doivent prendre en compte la bonne santé des habitants. La santé environnementale doit devenir centrale, c’est la clef pour faire face au problème majeur de la croissance mondiale des maladies chroniques. Nous devons aller aussi  loin que possible sur ce sujet, car les risques environnementaux augmentent, de nouveaux risques apparaissent, liés par exemple aux perturbateurs endocriniens.

La prescription du sport sur ordonnance est une bonne chose et nous y adhérons évidemment. L’enjeu des activités physiques quotidiennes bénéfiques pour la santé, avec la promotion de la marche et vélo pour les déplacements, ou des activités dans les espaces sportifs des parcs de proximité pourrait être davantage porté par les médecins, pour mieux prévenir les problèmes liés à la sédentarisation croissante.  Par ailleurs, la population étudiante est importante à Villeurbanne et nous souhaitons un renforcement des actions vis-à-vis de cette population également fragilisée par l’accès aux soins, et qui renonce à se soigner pour des raisons financières, ceci pour 1/3 d’entre eux. Ensuite, l’explosion démographique de ces dernières années qui continuera ces 15 prochaines années conduit à des « mini désert médicaux » plus particulièrement dans les quartiers populaires – certaines villes ont mis en place des aides à l’installation de médecins, nous pourrions en faire de même, en complément bien sûr, de l’ouverture de la maison pluridisciplinaire de santé qui ouvrira bientôt aux Buers.

La Ville n’a en effet pas tous les leviers d’action publique en sa possession pour faire avancer les enjeux santé-environnement, mais il y en a un colossal qu’elle ne mobilise pas : la présence de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration scolaire. Mais nous ne referons pas ici le débat budgétaire ! Nous noterons toutefois d’autres éléments positifs : plusieurs actions mettent en avant, voire  au cœur de certains dispositifs, la participation citoyenne et celle des conseils citoyens. Nous soutenons tout à fait les démarches qui font des citoyens les acteurs de leur propre santé. Enfin, le CLS s’articule avec les ateliers santé-ville dans une dimension de complémentarité et la mise en synergie du CLS et des autres plans territoriaux font partie d’une démarche partenariale du CLS intéressante et nécessaire.

Notre groupe votera bien sûr ce rapport.

Je vous remercie de votre attention.

Zémorda Khelifi

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