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Réponse au vœu – L’argent public à l’école publique !

Monsieur le maire, chers collègues,

Comme nous l’avons vu tout à l’heure, les écoles privées n’en ont jamais assez. Elles n’hésitent pas à multiplier les recours pour réclamer toujours plus aux collectivités locales. Si elles peuvent le faire, c’est uniquement sous le couvert des lois anti-laïques Carle et Debré.

Ces lois contournent l’esprit de la loi de 1905. De mon point de vue, les écoles privées ont le droit d’exister mais dans un cadre bien précis, celui de la loi de 1905 : la séparation de l’église et de l’état. L’état ne doit pas financer les écoles confessionnelles. La loi Debré de 1959 est une attaque sans commune mesure de la loi de 1905 puisqu’elle le permet en reconnaissant à l’enseignement privé confessionnel une mission de service public. Ainsi, à côté de l’édifice public de l’éducation nationale, un des piliers de notre République, l’état participe à l’élaboration d’un autre édifice concurrentiel qui acte la division absolue de l’enseignement en France. Depuis, d’autres lois comme la loi Carle ont permis d’avancer vers ce qui est nommé une « parité » entre écoles privées et écoles publiques, ce qui est contraire à la loi de 1905.

Les fossoyeurs de l’école publique n’en ont pas fini. Un décret passé inaperçu et publié au J.O. du 7 décembre 2017 prélève 20 millions sur les crédits de l’enseignement du second degré pour les répartir entre enseignement scolaire et supérieur. Si 5 millions passent d’une caisse à l’autre de l’éducation nationale et 5 millions de l’éducation nationale vers l’enseignement supérieur, 10 millions sont prélevés sur les crédits de l’enseignement secondaire public et versés à l’enseignement privé. Et pour quelles raisons svp ?

Au-delà de la remise en cause de la laïcité, les fossoyeurs de l’école publique s’appuient également sur la mise en concurrence des établissements scolaires par divers moyens comme par exemple l’assouplissement de la carte scolaire. Une fois la mise en concurrence enclenchée, la marchandisation de l’éducation est en marche. Il s’agit là d’un marché immense que les libéraux veulent s’accaparer depuis de nombreuses années. Pour cela, on met en concurrence les établissements puis on diminue les moyens dans le public, on décrie le système éducatif en montrant qu’il est de moins en moins bon grâce à des classements bidons… Et pourtant, même s’il y a des choses à améliorer, nous avons un des systèmes éducatifs les plus performants au monde.  J’enseigne à l’étranger chaque année et j’en reviens bouleversé et transformé à chaque fois. Le projet de suppression du bac à lauréat vise à mettre les lycées en concurrence. Le fameux « Plan étudiant » qui ne résout en rien le manque de places à l’entrée de l’Université et instaure la sélection va mettre en concurrence les Universités et les étudiants dans l’accès à l’enseignement supérieur… La marchandisation est en marche…

Donc les collectivités et l’état financent de plus en plus les écoles privées tout en diminuant les dotations publiques. Ainsi, il y a moins de moyens pour l’école publique, les enseignants en sont découragés, les parents mécontents, et certains parmi ceux qui le peuvent finissent par quitter l’école publique en espérant trouver mieux dans le privé. Bien sûr, généralement ceux qui partent ne sont pas les moins bons élèves… Et le niveau de l’école publique se dégrade encore… Ouvrez les yeux ! De quelle société voulez-vous ? L’école ne doit pas trier les enfants. L’éducation, le savoir, les connaissances constituent le seul bien commun qui plus on le partage plus il grandit, plus tout le monde s’enrichit de ce savoir commun. Chaque parent est libre de faire ce qu’il veut mais l’argent public doit aller à l’école publique.

Je vous remercie pour votre attention.

Olivier Glück

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