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Budget 2018 : de nouveaux équipements publics mais un engagement insuffisant sur le bio

Monsieur le maire, chers collègues

Le budget  primitif 2018 s’inscrit dans un contexte national particulier : 1er budget des collectivités sous la présidence Macron, où de nombreux changements s’annoncent et sont même déjà à l’œuvre dans les relations entre l’Etat et les collectivités, dans le sens à la fois d’une re-centralisation et d’une certaine méconnaissance, pour ne pas dire plus, du fonctionnement des collectivités.

Quelques exemples : primo, le gouvernement prépare une loi de programmation des finances publiques 2018-2022 pour encadrer l’endettement des collectivités et limiter la hausse de leur budget à 1.2% par an, le tout dans le cadre d’une contractualisation avec l’Etat. Curieuse conception de la libre administration des collectivités ! secundo, l’article 25 de la loi de finances 2018 a été voté ce matin sur la baisse des APL et des loyers dans le logement social. Cela va mettre en difficulté les bailleurs sociaux, dont EMH, car ceux-ci auront moins de moyens pour produire de nouveaux logements ou rénover les logements existants : tout ceci a été dit au gouvernement, par les élus, par les professionnels, par les sénateurs qui avaient proposé d’autres modalités, mais fi de ces acteurs-là, le gouvernement n’en démord pas : les députés ont voté votent comme un seul homme qui n’entend pas « le terrain ». Tertio, encore dans le débat parlementaire sur la loi de finances, le Sénat avait proposé qu’une part de la taxe carbone soit attribuée aux collectivités dotées d’un Plan Climat. Là encore, les députés ont rejeté cette proposition, privant ainsi les collectivités de possibilité de financement des actions en faveur de la transition énergétique, pourtant voulue par le gouvernement

 Pour le budget 2018 de la ville, reconnaissons que la méthode de ce gouvernement est plus subtile que la baisse des dotations de l’Etat appliquée par F.Hollande à partir de 2014 (11 milliards de baisse sur 4 ans pour le « redressement des comptes publics’ »). En 2018, les dotations de l’Etat restent stables pour la ville et l’encadrement de la dette n’est pas un problème car la ville est peu endettée ( 1.2 an de capacité de désendettement, c’est encore loin des 11 ans à ne pas dépasser !). De plus, avec la baisse de l’abattement général votée en octobre, les recettes fiscales augmentent de 5,5M€. Le dynamisme des recettes combiné  à des dépenses de fonctionnement contenues,  conduit à un autofinancement important (21M€) et ainsi une forte contribution du financement des investissements. Ceux-ci sont en forte hausse en 2018, avec près de 40M€ et nous nous en réjouissons, car les Villeurbannais ont bien besoin de ces équipements : l’effort est notoire sur les écoles (12 M€) et les crèches (4 M€) : école Berthelot, nouvelle école Rosa Parks, nouvelles classes à l’école Pasteur, école modulaire du Carré de Soie, équipements petite enfance du Terrain des Sœurs et de Maisons Neuves (pour lequel nous réaffirmons notre opposition au choix de la DSP). Notons aussi le démarrage du gymnase des Gratte-ciel, la reconstruction du terrain de proximité Salengro, la rénovation thermique de plusieurs bâtiments municipaux (Hôtel de ville, écoles, gymnases), la poursuite des travaux d’accessibilité, l’aménagement du  parc  Elie Wiesel dans le Terrain des sœurs (enfin !). Sur les projets des centres sociaux, nous ne voyons rien sur celui de Croix-Luizet, qui a besoin de travaux et, en juillet dernier, vous les aviez annoncés pour 2018. Qu’en est-il ? lL soutien aux bailleurs sociaux pour la performance énergétique des logements neufs ou rénovés est une bonne chose, même si l’on peut craindre que la baisse des loyers imposée, retarde, voire annule, certaines opérations, au détriment des locataires, hélas ! Le soutien à la rénovation du parc privé augmente  (500 000€) : la dynamique sur l’éco-rénovation est réelle grâce aux politiques conjointes et cohérentes de la  ville et de la métropole : plusieurs opérations se déploieront en 2018, notamment les travaux à la Perralière. Et vous avez sans doute observé la campagne de communication ECORENO’V , en ce moment, dans les rues de la ville…

Le budget de fonctionnement est aussi en hausse légère pour les dépenses de personnel, malgré la fin des emplois d’avenir. Il y aura des créations de postes (stationnement, éducation), ainsi que des moyens supplémentaires pour les remplacements dans les crèches. C’est tant mieux ! Mais la réorganisation des services liées aux départs en retraite peut entraîner une dégradation des conditions de travail de certains agents, il faut veiller à ce que cela ne soit pas le cas.

Sur les dépenses de gestion courante, nous prenons acte –bien obligés !- de la hausse importante des contributions aux écoles privées. Concernant les centres sociaux, nous sommes étonnés de la  baisse de leur budget, alors que les besoins de proximité vont plutôt croissant envers les familles modestes, les enfants, et les jeunes. Pour certains jeunes, le centre social est un lieu de socialisation, d’activités, de citoyenneté qui compte dans leur développement et les aide à grandir. La ville doit plutôt les soutenir que leur imposer la rigueur, tout en étant exigeante sur leur fonctionnement. Nous notons aussi que la vidéosurveillance avance lentement mais surement, avec une étude sur le positionnement des futures caméras. Nous avons déjà dit nos réticences sur cet outil, qui ne parait répondre à la question légitime d’améliorer la tranquillité et la sécurité publique, notamment dans quelques quartiers, où les habitants expriment des inquiétudes.

Sur un tout autre sujet, nous déplorons que sur les dépenses d’alimentation, vous n’ayez pas, M. le maire, plus d’ambition pour développer le bio dans les cantines. Avec 9% de bio, soit seulement 1 point de plus qu’en 2017. Avec les 16% de produits locaux, on arrive tout juste à ¼ des produits bio ou locaux, quand à Grenoble, par exemple, la ville est à 50% de bio et/ou local pour ses 12 000 repas/jour, avec un cout de denrée de 1,70€ par repas. Cette ville a fait aussi un gros travail sur la lutte contre le gaspillage alimentaire et la réduction des protéines animales, pour aboutir à un repas sur 4 avec viande, les autres étant avec poisson, œuf ou protéine végétale. Une enquête nationale parue dans le Parisien il y a quelques jours montre, (à partir des couts de plus de 100 restaurations collectives servant 220000 repas par jour) qu’il n’y a pas de différence significative avec un approvisionnement en bio. C’est vrai que l’enquête a été faite dans des villes qui ont un volume de repas quotidien très inférieur à Villeurbanne. Mais ce n’est pas le cas de Grenoble! Dans les documents fournis, vous nous expliquez les surcouts des produits bios et les éventuelles difficultés d’approvisionnement en grosses quantités et de traçabilité des produits pour 7000 repas par jour. Nous voulons bien entendre tout cela, mais nous notons néanmoins qu’on ne progresse pas beaucoup depuis l’ouverture de la cuisine centrale, il y a bientôt 10 ans! Nous pensons qu’on peut rester dans des couts économiques et environnementaux raisonnables (sans aller chercher du bio en Italie ou Espagne) tout en amplifiant l’approvisionnement en bio et local : c’est pourquoi nous vous demandons d’augmenter le budget alimentation, par exemple de 200 000€ pour faire face aux surcouts et traduire en monnaie sonnante et trébuchante. C’est une demande peu impactant sur le budget (une hausse qui peut être  compensée par une légère réduction de l‘épargne brute par exemple)

Nous vous faisons  cette proposition qui montrerait une volonté forte de prendre vraiment le virage du bio à Villeurbanne

Nous positionnerons notre vote selon votre réponse à cette demande.

Je vous remercie.

Béatrice vessiller

(après réponse du Maire, le groupe s’est abstenu)

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