Inclusion

Lutter contre les discriminations des jeunes des quartiers populaires pour une ville plus inclusive

Monsieur le Maire, chers collègues,

Selon un rapport publié en 2016 par l’Observatoire national de la politique de la ville, « un diplômé bac+5 de plus de 30 ans a 22% de chances de moins d’occuper un emploi de cadre lorsqu’il est issu des quartiers prioritaires ». Une enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED) va dans le même sens et révèle un écart de taux de chômage pour les enfants immigrés non européens de 4 à 5 points par rapport aux jeunes nés en France métropolitaine de parents français.

La jeunesse des quartiers prioritaires de la politique de la ville connaît une insertion professionnelle plus difficile que le reste de la jeunesse des autres quartiers des mêmes villes : 31% des moins de 30 ans y sont au chômage (contre 17%).

Un testing réalisé par l’Institut Montaigne en 2013 avait démontré le poids des discriminations en fonction des origines et des pratiques religieuses. Plus de 6000 CV fictifs avaient été envoyés partout en France. Les résultats sont sans appel : à profil équivalent, Mohammed devra envoyer 20 CV avant d’espérer être convoqué à un entretien, Michel, seulement 5. Trois ans plus tard, une autre étude corroborait ce phénomène de mise à l’écart injustifiée : une candidature « maghrébine » reçoit dans 9% des cas une réponse positive, contre 20% pour les candidatures « hexagonales », soit 11 points d’écart selon les conclusions de ces travaux menés par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des stratégies (Dares) et l’association ISM Corum, que je connais bien, spécialisée dans la prévention des discriminations.

L’âge renforce les discriminations liées au genre, origines ethniques supposées ou lieu de résidence. Ainsi, les jeunes issus de l’immigration encourent des risques discriminatoires significatifs dans l’accès au parc locatif privé, tout comme les candidats provenant d’un quartier prioritaire de la politique de la ville mais dans une proportion moindre. Les candidats supposés d’origine maghrébine de 20 ans ont près de deux fois moins de chances d’accéder sans désavantage à la visite de logement que les candidats sans origine migratoire du même âge (78% des cas contre 44%).

Nous soutenons pleinement cette participation au projet porté par Grenoble-Alpes Métropole et dans lequel s’impliquent également Nantes Métropole et la commune d’Aubervilliers. Elle s’inscrit naturellement dans l’engagement de la Ville depuis plusieurs années déjà de lutter contre les discriminations. Rejoindre ainsi un réseau de collectivités territoriales engagées dans la prévention et la lutte contre les discriminations, mobiliser un écosystème d’acteurs variés, nous permettra d’aller plus loin encore en développant des mutualisations, des coopérations et par conséquent d’être plus efficaces, plus pertinents dans nos actions.

Le surchômage, la perte d’activité, la mauvaise allocation de la main d’œuvre, le gâchis de talents… tout cela coûte à notre société, à notre pays – France Stratégie a chiffré, en 2016, le coût de ces inégalités à près de 150 millions d’euros. Lutter contre et prévenir ces discriminations s’impose si nous voulons une ville plus inclusive !

Je vous remercie.

Zémorda Khelifi

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Médiation

Oui à la médiation sociale pour résoudre les conflits du quotidien !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Lors du dernier conseil municipal, nous regrettions les moyens conséquents mis dans des dispositifs de vidéosurveillance de l’espace public, une vidéosurveillance inefficace et coûteuse à laquelle nous préférons la prévention et la présence humaine. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de la mise en place de cette nouvelle action qui vise à développer le recours à la médiation sociale dans la résolution des conflits du quotidien – voisinage, différends familiaux, conflits professionnels – des Villeurbannais-e-s.

En effet, résoudre ce type de conflits par la médiation sociale permet de prévenir la délinquance en évitant que ces conflits ne se transforment en outrage, en menaces ou en actes de violence physique. Dans un contexte où le nombre de conflits de voisinage augmente, comme le constate la police nationale au travers du nombre croissant de demandes d’interventions de police secours, de dépôts de main courante et de dépôts de plainte, l’enjeu de réguler au mieux ces conflits par la médiation sociale en évitant les passages à l’acte est particulièrement fort. Et ce, d’autant plus que les conflits de voisinage sont souvent très violents, que ce soit moralement ou physiquement, en raison de la pollution de la sphère privée et du poids au quotidien qu’ils constituent. La médiation s’avère généralement une solution plus en adéquation avec la nature de ces conflits, en permettant de rétablir un dialogue jusque-là rompu grâce à l’intervention d’un tiers indépendant, formé, impartial et neutre, qui crée l’espace de dialogue grâce auquel les parties en présence vont trouver ensemble une solution durable aux conflits de la vie quotidienne, et en permettant de discuter des raisons sous-jacentes au conflit et de prendre en compte la dimension humaine, émotionnelle, des problèmes.

Après une expérimentation concluante sur plusieurs arrondissements lyonnais, la charte de résolution amiable des conflits qui fait l’objet de ce rapport facilitera l’orientation des usagers par la police vers la médiation, les usagers pouvant désormais être directement contactés par un médiateur suite à un contact avec les services de police pour des conflits de voisinage. Elle ouvre la voie à une meilleure coopération entre les différents acteurs locaux impliqués dans la résolution de conflits par la médiation – le commissariat, la mairie et l’AMELY – en termes d’échange d’informations et de suivi transversal des situations de conflits. Cela s’inscrit dans la droite ligne d’un partenariat de plusieurs années déjà de la Ville avec l’AMELY qui propose aux usagers une aide gratuite et confidentielle pour trouver une solution à leurs conflits du quotidien par la médiation.

Nous soutenons donc cette démarche qui en renforçant la prévention, l’humain dans la gestion des conflits, ne peut que contribuer à apaiser les relations sociales et ainsi à favoriser la tranquillité, la sécurité et la cohésion sociale dans nos quartiers et notre ville.

Je vous remercie.

Béatrice Vessiller

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photo-Budget-icon2

Décision modificative n°2 : des points positifs… et de désaccord

Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette décision modificative n°2 comporte plusieurs dépenses que nous soutenons : une aide supplémentaire au CCAS de 217 000 €, l’acquisition de mobilier dans les écoles pour dédoubler les CP en réseau d’éducation prioritaire, une subvention complémentaire à la rénovation de la copropriété Saint-André. Nous notons que les recettes de fiscalité locale augmentent de plus de 660 000 € par rapport au budget prévisionnel, suite à un réajustement  des bases par les services fiscaux, ce qui contribue à alimenter l’auto-financement et donnerait quelques possibilités pour accélérer quelques projets ou actions en faveur de l’écologie. En revanche, nous sommes opposés aux dépenses supplémentaires de vidéosurveillance, comme nous l’avons expliqué lors d’un conseil précédent. Nous préférons investir dans le renforcement de moyens humains pour assurer la sécurité et la tranquillité, comme nous le réaffirmerons tout à l’heure avec la charte de résolution amiable des conflits.

En conséquence, nous nous abstiendrons sur cette décision modificative.

Je vous remercie.

Béatrice Vessiller

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Alyte_accoucheur

Les alytes accoucheurs à l’honneur

Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette délibération consiste en la dénomination de la place centrale au cœur de la ZAC des Maisons-Neuves en « Place des Alytes ». Rappelons très rapidement l’histoire de ce batracien à Villeurbanne : près de 40 spécimens ont été découverts dans une zone humide sur le chantier de la ZAC des Maisons-Neuves en 2014, et depuis, comme c’est une espèce protégée, il fait l’objet de mesures de protection.

Cette délibération est l’occasion pour nous de rappeler et féliciter le travail qui a été réalisé pour permettre la protection et la préservation de cette espèce protégée, qui pratique l’égalité des sexes, puisque le mâle assure la gestation des œufs fécondés en les portant sur son dos après que sa femelle les a pondus, d’où son nom d’ailleurs, l’alyte accoucheur. Mais avant d’accoucher, ils chantent la nuit, d’avril à septembre, pour attirer leur partenaire et s’accoupler. Les aménagements pour protéger cette espèce (points d’eau, abris, points de passage) ont d’ailleurs permis à d’autres espèces, hérissons, chauve-souris etc, de vivre dans ce petit havre de paix au sein des Maisons-Neuves.

Le réchauffement climatique, dont nous subissons quelques effets à travers cette canicule, perturbe et menace le monde du vivant et les variations de température seront un seuil critique pour de nombreuses espèces. La menace d’une disparition massive d’animaux et de plantes se précise à chaque nouvelle publication scientifique. Si le réchauffement planétaire se poursuit jusqu’à atteindre + 4,5°C, près de 50 % des espèces qui vivent actuellement dans les régions les plus riches en biodiversité seront menacées d’extinction d’ici 60 ans. Ce risque serait réduit de moitié si nous maintenons la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C. C’est toute la responsabilité qui nous incombe vis-à-vis des générations futures.

Ainsi, toutes les initiatives locales, même modestes, sont bonnes à prendre et à promouvoir. Celle-ci en est un bel exemple et nous souscrirons bien évidemment à la dénomination de la Place des Alytes.

Je vous remercie de votre attention.

Zémorda Khelifi

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Loi_Blanquer

Loi Blanquer : Pour une véritable école de la confiance

À Villeurbanne comme dans de nombreuses autres villes, depuis plusieurs semaines, les membres de la communauté éducative, enseignant·es, parents d’élèves, personnels communaux sont mobilisé·es contre le projet de loi « Pour une école de la confiance », qu’ils jugent inquiétant pour l’avenir de l’enseignement public. Différentes actions ont été organisées : réunions d’information sur la loi, diffusion de tracts, chaîne humaine d’une école à une autre, concert de vacarme…

 Grâce à ces mobilisations, le texte initial a été largement modifié. En particulier, l’article de la loi Blanquer instituant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) qui avait tant mobilisé les enseignants, a été supprimé. Disparition également de l’article permettant de supprimer les allocations familiales aux parents d’enfants absentéistes et de celui qui interdisait le port de signes religieux pour les parents accompagnateurs de sorties scolaires.

 En revanche, le remplacement l’inscription de la scolarisation obligatoire des enfants dès l’âge de trois ans reste bien dans la loi. Si l’on peut se féliciter de l’importance accordée à l’éducation des jeunes enfants, cela oblige toutes les communes à financer la scolarisation des élèves inscrit·es dans les écoles maternelles privées sous contrat d’association avec l’État, sans que celles-ci soient tenues à un devoir de mixité sociale comme l’école publique l’est. Cette dépense supplémentaire est préoccupante car elle crée une charge nouvelle pour la commune dont les modalités de compensation par l’État sont fragiles.

 Avec la loi Blanquer la République symbolique est préférée à la République en actes. L’Assemblée nationale a préféré voter pour le symbole républicain (drapeau français et paroles de la Marseillaise dans chaque classe) alors que les symboles sont visibles au fronton de tous les établissements scolaires, plutôt que d’accorder un véritable accès pour tous à l’éducation. En effet une proposition de loi sur l’école inclusive, largement modifiée a été adoptée par la commission des affaires culturelles et de l’Éducation : son article 1er qui prévoyait de garantir aux parents l’affectation d’un accompagnant des élèves en situation de handicap au plus tard 45 jours avant la rentrée scolaire n’a pas été adopté et a été remplacé par un autre qui n’accorde plus à ces parents que le « bénéfice d’un entretien » avec l’enseignant et l’AESH (Accompagnement des Élèves en Situation de Handicap). Encore faut-il qu’il y ait une aide accordée : on sait qu’aujourd’hui 10 à 30% des enfants en situation de handicap qui devraient bénéficier d’une aide n’en bénéficient pas à la rentrée scolaire. C’est donc une logique comptable qui a prévalu, particulièrement mal venue dans ce domaine, tant la France est en retard dans la mise en œuvre des pratiques inclusives, malgré un progrès certain.

 Notre école de la confiance a pour ambition d’emmener chaque élève de la République à s’épanouir, à disposer des clefs de la compréhension du monde dans lequel il vit, à pouvoir exprimer librement ses opinions de manières argumentées, à disposer des clefs du vivre ensemble, et de celles du bien-vivre tout en préservant l’avenir de la planète… Notre école de la confiance ne considère pas les élèves comme des variables d’ajustements budgétaires mais met en place les moyens nécessaires pour permettre la réussite de la scolarité de chaque enfant.

Notre école de la confiance promeut les valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité. Elle accueille tous les enfants quelles que soient leurs particularités et différences en leur offrant une scolarité adaptée à leurs besoins.

 Le conseil municipal de la Ville de Villeurbanne, réuni en cette séance demande :

  • de maintenir des personnels formés et qualifiés pour s’occuper des enfants de l’école publique,
  • des moyens administratifs qui permettent aux personnels enseignants et aux directeurs des établissements du 1er degré de se consacrer pleinement et sereinement à leur mission éducative,
  • le déploiement de moyens à la hauteur des besoins pour l’inclusion de tous les enfants et le maintien du rôle central de la Maison Départementale et Métropolitaine des Personnes Handicapées dans la définition des besoins de chaque enfant,
  • une compensation totale et pérenne du financement des écoles maternelles privées sous contrat, et la mise en place de contreparties en matière de mixité sociale notamment.

 Je vous remercie.

 Olivier Glück

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Loi_Blanquer

Tribune Viva – Septembre 2019 – Pour une véritable école de la confiance

A Villeurbanne comme dans de nombreuses villes, depuis plusieurs mois, les membres de la communauté éducative, enseignant·es, parents d’élèves, personnels communaux sont mobilisé·es contre le projet de loi Blanquer « Pour une école de la confiance », qu’ils jugent inquiétant pour l’avenir de l’enseignement public.

Grâce à ces mobilisations, le texte initial a été largement modifié. En particulier, l’article instituant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), qui prévoyait une direction unique entre école primaire et collège a été supprimé, et tant mieux, car cela niait la spécificité de chaque niveau d’établissement, au détriment des élèves. La suppression des allocations familiales aux parents d’enfants absentéistes a heureusement disparu également.

Malgré tout, il reste de nombreux points négatifs de la maternelle au lycée en passant par la formation des enseignants. Par exemple, des économies seront faites sur le dos des élèves en situation de handicap, alors que nous avons du retard dans ce domaine… La scolarisation obligatoire des enfants dès l’âge de 3 ans pourrait être une bonne mesure, mais l’objectif du gouvernement est d’obliger les communes à financer la scolarisation des élèves des écoles maternelles privées sous contrat. La ville verse déjà plus de 900 euros par enfant villeurbannais inscrit dans une école élémentaire privée, soit près d’1 M€ chaque année. Quel en serait le coût si on ajoutait les élèves de maternelle ?

Les élèves ne doivent pas être des variables d’ajustements budgétaires : notre école de la confiance doit mettre en place les moyens nécessaires pour la réussite de tous les enfants, quelles que soient leurs particularités en leur offrant une scolarité adaptée à leurs besoins. Notre école de la confiance ambitionne de fournir à chacun les clefs de l’épanouissement personnel, de la compréhension du monde dans lequel il vit, de la capacité à pouvoir exprimer librement ses opinions de manière argumentée, du vivre ensemble et du bien-vivre tout en préservant l’avenir de la planète.

 Olivier Gluck

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Contribution à la concertation sur le tramway T6 nord du groupe des élu-e-s Rassemblement citoyen – EELV – FdG // Juin 2019

Une concertation qui mériterait un grand débat local

Si on ne peut que souligner l’intérêt de cette première grande ligne de rocade de l’agglomération, force est de constater que la réalisation du tramway T6 soulève des difficultés liées à l’absence d’axes structurants nord-sud à Villeurbanne.

Nous regrettons que le dossier présenté préconise un seul tracé, avec le passage du T6 par l’avenue Henri Barbusse, alors que d’autres parcours auraient pu être étudiés. Il ne permet donc pas de véritable débat.

De plus, celui-ci semble avoir été entériné depuis plusieurs mois déjà, avant même cette concertation, sans consultation des citoyens. Or, pour nous, il est essentiel que la parole citoyenne s’exprime sur ce sujet. Lors de la réunion publique du 9 mai dernier, la forte participation a bien montré l’intérêt et la curiosité des citoyen-ne-s pour ce projet ; malheureusement, nombre de participant-e-s partageaient le sentiment d’assister davantage à une présentation qu’à une consultation. Cette concertation aurait mérité un grand débat  local, comme nous l’avons demandé à  maintes reprises depuis plusieurs années. Les contraintes d’études techniques et de clientèle, bien réelle, ne doivent pas empêcher un large débat public sur un sujet aussi crucial pour la vie quotidienne des Villeurbannais et pour l’équilibre entre  les quartiers. C’est un projet qui oblige à penser la ville telle qu’elle sera dans dix ans et au-delà.

L’association L’Agora pour Villeurbanne a organisé il y a deux ans et demi une consultation citoyenne auprès de 500 Villeurbannais, sur la place publique et en ligne, avec proposition de quatre tracés pour le T6. Il en ressort que le tracé sur l’avenue Henri Barbusse ne convainc pas : c’est celui qui a été le plus massivement rejeté. De même, lors de la réunion publique du  9 mai dernier, nombre de personnes présentes se sont montrées peu convaincues par le tracé privilégié par le Sytral.

Un seul tracé préconisé, de multiples alternatives à étudier !

Au sud, le tracé par la route de Genas est le plus intéressant pour transformer cet axe très circulé en une voie plus apaisée : la rue Paul Kruger est trop près du tracé du tramway T3, de même que le troisième scénario au nord du T3.

Le seul tracé proposé au centre passe sur l’avenue Barbusse, alors que d’autres solutions sont possibles plus à l’est, comme étudiés par L’Agora pour Villeurbanne ou l’association Déplacements Citoyens.

L’avenue Barbusse a une vie propre et une qualité urbaine et architecturale qui ne seront plus possibles avec une ligne de tramway : différentes animations, comme le marché de Noël, les Invites, les Bons Plants, et tant d’autres moments… où l’avenue devient un vaste espace public sans véhicule et agréable. Il faut une avenue Barbusse piétonne en permanence avec un maintien de tous les événements festifs et conviviaux, sans compter que le tramway alimenté par le sol sur une partie du tracé, comme le souhaite le maire, est beaucoup plus coûteux que les lignes aériennes : il y aurait un double coût (au sol et aérien) inutile !

D’autres parcours doivent être étudiés pour une meilleure desserte et un développement d’autres quartiers de Villeurbanne : par exemple un itinéraire route de Genas, Gare de Villeurbanne, rue Antonin Perrin, avenue Auguste Blanqui, rue Professeur Rollet, avenue Commandant l’Herminier, rue des Bienvenus.

Ce tracé permettra d’être en connexion avec le métro A Gratte-Ciel et de mieux desservir cette partie plus à l’est, Château Gaillard, Buers… Ensuite, le tramway pourrait prendre la rue Jean-Baptiste Clément, arriver à l’INSA et être en terminus à Gaston Berger.

Le tracé Perrin/Blanqui/Rollet/l’Herminier a l’avantage d’être un tracé plus simple pour la circulation du tramway avec moins de virages que par la rue Paul Verlaine et l’avenue Henri Barbusse. Il permet en plus un élargissement du cœur de Villeurbanne…

Il faut étudier tous les tracés et les rendre publics, sinon ce n’est pas de la concertation !

Articuler tramway et projets urbains

Enfin, nous regrettons l’insuffisante intégration de ce projet dans la perspective globale du développement urbain.

Le PLU-H ne contient aucune information sur le projet, une occasion ratée d’informer les citoyens du projet et d’en débattre en amont. Alors que le PLU-H doit indiquer les axes structurants de déplacements, et en quoi ils sont cohérents avec le développement urbain, il est tout à fait regrettable que cette ligne, étudiée à partir des années 2008-2009, ne soit pas inscrite au PLU-H !

De plus, il importe d’articuler au mieux le tracé d’une ligne forte et les différents projets urbains. Nous craignons que le passage du T6 amène à recasser des espaces publics récemment aménagés au niveau de la ZAC Gratte-Ciel et de la place Grandclément, comme cela a été nécessaire dans le 8e arrondissement de Lyon pour faire passer le premier tronçon du T6 avec la destruction d’aménagements récents représentant plusieurs millions d’euros d’argent public qui ne prévoyaient pas le tramway. Ce serait à la fois une gêne répétée pour les riverains et un gaspillage évident d’argent public, par manque de vision à long terme et d’anticipation des choix. D’autres grands projets urbains de l’agglomération ont été réalisés ces dernières années avec un axe fort de transport en commun : le prolongement de la ligne du tramway T1 à la Confluence a précédé la construction des premiers bâtiments en 2005 ; la création du tramway T3 et le prolongement du métro A de Bonnevay à La Soie ont été concomitants à l’ouverture du Carré de Soie… Autant d’exemples qui montrent que dans l’agglomération, et dans quelques villes, le Sytral et le Grand Lyon savent faire des projets de tramway articulés aux projets urbains.

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Tribune Viva – Été 2019 – Villeurbanne, dans une Métropole accueillante

Villeurbanne a lancé en 2018 une réflexion sur l’accueil des migrants et a mis en place un jury citoyen, outil innovant de la démocratie participative. Formés sur le sujet grâce à des temps de travail approfondis, 26 Villeurbannais accompagnés ont émis des propositions diverses, afin de faire de Villeurbanne une ville accueillante.

Dans les propositions intéressantes, citons la création d’un lieu unique multi-services pour l’accès aux droits et à la santé, la mise en place d’un réseau de bains-douches publics mais aussi une école des langues pour l’apprentissage des langues étrangères et du français d’une part et d’accès au travail d’autre part, afin de garantir un parcours d’insertion durable sur notre territoire. Cette approche pourrait s’appuyer sur un lieu existant aux Buers, le Passage 33.

Pour favoriser la rencontre interculturelle, il est aussi proposé de favoriser le parrainage d’un enfant primo-arrivant par un enfant déjà scolarisé. Enfin, comment penser l’accueil sans penser l’hébergement ? Nous souscrivons particulièrement à la proposition du jury de recenser des bâtiments vacants sur la ville, qu’ils soient occupés ou non, propriétés publiques ou privées, afin d’en faire des lieux d’hébergement temporaire, avec un accompagnement social associatif, sur une durée de 1 à 3 ans, selon la destination des bâtiments.

En ce sens, nous proposons que la Clinique du Tonkin, inoccupée depuis quelques mois maintenant, devienne un de ces lieux, avant le projet de promotion immobilière qui y est prévu. Cela constituerait une des solutions dignes pour les dizaines de familles et jeunes migrants qui sont aujourd’hui dans des squats ou dans leur voiture !

L’ensemble des acteurs publics, État, Métropole et Ville, doivent renforcer sensiblement leur action conjointe en faveur des migrants, pour leur offrir avec respect et humanité à la fois des conditions de vie décentes rapidement et leur permettre de construire leur parcours personnel.

Zémorda Khelifi

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Tuna_Altinel

Libérez Tuna Altınel et les universitaires pour la paix en Turquie

Monsieur le Maire, chers collègues,

Tuna Altınel, fonctionnaire de l’État français, maître de conférences à l’université Claude Bernard Lyon 1 depuis 1996 et membre de l’Institut Camille Jordan, a été emprisonné samedi 11 mai 2019 par les autorités turques. Il est un mathématicien internationalement reconnu ; comme enseignant, sa clarté et son sérieux sont des modèles. Il est également engagé dans la défense des droits humains dans le mouvement des « Universitaires pour la paix ».

Tuna Altınel est poursuivi par la justice turque pour avoir signé en janvier 2016 l’appel « Nous, enseignants-chercheurs de Turquie, ne serons pas complices de ce crime » qui dénonce l’intervention des forces militaires turques dans certaines provinces du sud-est de la Turquie à partir de l’été 2015 (rapport du HCDH de l’ONU) et demande la reprise des pourparlers pour que la paix soit rétablie.

À son arrivée en Turquie le 12 avril pendant les congés universitaires, son passeport lui a été confisqué. Il a été arrêté puis emprisonné samedi 11 mai 2019. On lui reprocherait d’avoir participé en février 2019 à une conférence publique organisée par une association légalement déclarée en France pour informer sur les conséquences de l’intervention militaire sur les populations civiles. Cette réunion a eu lieu le 21 février au palais du Travail de Villeurbanne.

Considérant que :

  • les raisons de l’arrestation de Tuna Altınel par les autorités turques seraient sa signature d’une pétition des « universitaires pour la paix » en janvier 2016 intitulée « Nous ne serons pas complices de ce crime », appelait l’État turc à reprendre les pourparlers de paix et à arrêter les mauvais traitements envers la population kurde de Turquie ainsi que sa participation à une réunion publique au Palais du Travail de Villeurbanne organisée en toute légalité,
  • la liberté d’expression est un droit fondamental.

Le conseil municipal de la Ville de Villeurbanne, réuni en cette séance :

  • exige la libération immédiate de Tuna Altınel et la restitution de son passeport,
  • condamne la répression d’universitaires de Turquie dont la seule faute est d’avoir demandé la paix,
  • invite les autorités et institutions françaises à faire pression sur l’État turc pour que cette répression cesse, que ces procès soient annulés et que les atteintes aux droits fondamentaux des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs s’arrêtent.

Olivier Gluck

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Relais_assistants_maternels

Sauvons nos services publics, aux Brosses comme partout !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Des habitants du quartier des Brosses nous ont exprimé leur inquiétude quant au transfert du relais d’assistants maternels Albert Camus dans d’autres locaux non adaptés, de l’éventuel déménagement de la maison de services publics Angle 9 et de la fermeture partielle de la Poste.

Certes, nous avons échangé des propos rassurants en commission spécialisée, puisque vraisemblablement les choses vont évoluer, car vous êtes à la recherche de solutions qui puissent satisfaire les habitants du quartier, pour que la Place de la Paix et alentours ne soit pas dépouillés de leurs services publics et que le RAM trouve des locaux adaptés à ses missions et ceci en concertation avec les assistants maternels.

Nous souhaiterions en revanche réaffirmer notre attachement au service public, même si nous avons eu l’occasion de l’exprimer pour la crèche des Maisons Neuves. A l’heure où le gouvernement Macron s’attaque aux services publics comme jamais aucun gouvernement ne l’avait fait, il est nécessaire de le rappeler. Lors de la campagne électorale de 2017, Emmanuel Macron scandait : « il faut gérer l’État comme une entreprise », ce qui est insensé, les objectifs du public étant opposés à ceux du privé. Il le met en application aujourd’hui, en organisant le démantèlement des services publics avec sa réforme de ceux-ci, la multiplication du recours aux contractuels ou la mise en place du possible recours à la rupture conventionnelle dans la fonction publique. Mais son annonce de la création des maisons « France services », alors qu’elles existent déjà sous la forme des maisons de services au public, est supposée nous consoler.

Sur ces services publics dans le quartier des Brosses, nous souhaiterions avoir des informations régulières sur ces évolutions en commissions spécialisées.

 Je vous remercie.

Zémorda Khelifi

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