2014_ECA_France_Calais_Migrants

Pour un territoire villeurbannais accueillant et solidaire !

Monsieur le Maire, chers collègues,

Vous nous proposez d’adhérer à l’Association nationale des villes et territoires accueillants, créée entre autres par Eric Piolle, le maire de Grenoble et Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, dans l’agglomération de Dunkerque, qui a mis en place dans sa ville une politique d’accueil exemplaire envers les migrants qui arrivent dans le Pas-de-Calais pour aller en Angleterre.

Nous approuvons pleinement cette adhésion et souhaitons que la ville mais aussi la métropole  deviennent des territoires pour toutes ces personnes, mineures ou majeures, isolées ou en famille, qui quittent leur pays, car elles n’y ont pas d’avenir ou ne peuvent s’en construire un pour des raisons économiques, climatiques, sociales, familiales…

C’est pourquoi nous avons le devoir de les accueillir dignement, devoir au nom des textes internationaux, au nom de notre humanité, mais aussi de notre responsabilité à nous pays européens qui portons une lourde responsabilité dans de nombreuses situations des pays de départ, en Afrique subsaharienne par exemple.

Alors, ville accueillante ? La démarche que vous avez lancée sur le sujet fin 2017 est tout à fait exemplaire, notamment avec la mise en place d’un jury citoyen. Ce dispositif innovant a produit 14 propositions, présentées lors d’une restitution en avril dernier, à laquelle nous avons assisté avec intérêt. Nous souhaitons qu’avec cette charte, la Ville s’engage à mettre en œuvre les propositions. Citons la création d’un lieu unique multi-services pour l’accès aux droits et à la santé, la mise en place d’un réseau de bains-douches publics, le parrainage d’un enfant primo-arrivant par un enfant déjà scolarisé, ou encore la création d’une école des langues pour l’apprentissage des langues étrangères et du français et l’accès au travail pour garantir un parcours d’insertion durable sur notre territoire. Cette approche pourrait s’appuyer sur un lieu existant aux Buers, le Passage 33.

Enfin, comment penser l’accueil sans penser l’hébergement ? En effet, il y a urgence à sortir les migrants qui sont aujourd’hui dans des squats villeurbannais, que ce soit à Cusset (Amphi Z et la Maison Mandela), ou que ce soit les familles avec enfants scolarisés qui vivent depuis des mois dans des voitures rue du 1er mars! En ce sens, l’urgence de diagnostics sociaux par les services de l’État, puis le recensement des bâtiments vacants sur la ville et la métropole est indispensable, qu’ils soient occupés ou non, propriétés publiques ou privées, afin d’en faire des lieux d’hébergement temporaire, avec un accompagnement social associatif, sur une durée de 1 à 3 ans, selon la destination des bâtiments. En ce sens, nous proposons que la Clinique du Tonkin, inoccupée depuis quelques mois maintenant, devienne un de ces lieux, avant le projet de promotion immobilière qui y est prévu. Nous ne comprendrions pas qu’une ancienne clinique, qui compte des centaines de chambres, ne puisse pas constituer une opportunité.

Nous insistons aussi sur le rôle de l’Etat qui doit assumer pleinement ses obligations, dans la scolarisation des enfants, dans l’accès aux soins, dans l’accès aux droits…

En conclusion, pour que notre territoire villeurbannais et métropolitain soit véritablement celui de la solidarité, l’ensemble des acteurs publics, État, Métropole et Ville mais aussi des acteurs privés (associations…) doivent renforcer sensiblement leur action conjointe en faveur des migrants, pour leur offrir, avec respect et humanité, à la fois des conditions de vie décentes rapidement et leur permettre de construire leur parcours personnel.

Nous voterons bien sûr cette délibération.

Je vous remercie.

Béatrice Vessiller

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