logo_mmie_sans_fond-vector_1

Le besoin de proximité et de partenariat pour la maison métropolitaine de l’insertion pour l’emploi

Le gouvernement Macron vient d’adopter une réforme de l’assurance chômage d’une ampleur inédite mettant une pression jamais vue sur les demandeurs d’emploi. Cette réforme aura  un impact sur le nombre d’indemnisés et nécessairement sur le nombre de personnes qui auront recours au RSA, soit les personnes concernées par les politiques d’insertion mises en œuvre par la Métropole de Lyon.

Plutôt que d’agir efficacement et structurellement sur les politiques de l’emploi, le gouvernement préfère réduire encore une fois les droits des plus précaires, alors qu’il a taillé au fil des ans, un environnement fiscal et réglementaire sur mesure pour le patronat, sans aucune contrepartie : nous avons pu le voir très récemment avec l’enseigne Auchan, qui malgré les dizaines de millions d’euros qu’elle a perçu au titre du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi, a annoncé la semaine

dernière un plan de réorganisation qui supprimera, près de 300 postes de travail sur trois ans. L’État-providence fonctionne donc très bien… pour les grandes entreprises.

Mais comme cela ne suffit pas et qu’il vaut mieux cacher la forêt, le gouvernement envisage maintenant de supprimer l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale pour enterrer le travail précieux d’analyse et de compréhension des mécanismes économique et sociologique qui sont à l’origine du développement de la pauvreté, de façon à ne pas trop montrer que les politiques publiques mises en œuvre depuis de nombreuses années peinent à réduire le nombre d’exclus.  Cachez cette pauvreté que l’on ne saurait voir !

Revenons maintenant à cette délibération. La précarité tue plus que jamais et les politiques d’insertion doivent évoluer, et surtout être remises à plat. Nous avions exprimé un certain nombre de craintes, lorsque nous avons abordé ici même, le sujet en mai 2018 dans le cadre de la création de la future maison métropolitaine d’insertion pour l’emploi. D’abord la nécessité de proximité avec les usagers. La convention ne nous rassure pas beaucoup plus sur ce point : elle évoque très vaguement, en quelques lignes, le déploiement d’antennes de proximité.

Ensuite, nous avions déploré qu’à Villeurbanne notamment, les demandeurs d’emploi de longue et très longue durée, les foyers bénéficiaires du RSA et les séniors étaient en nette augmentation ces dernières années, une hausse bien plus marquée à Villeurbanne qu’en moyenne dans la métropole. A-t-on fait un focus particulier sur ces populations plus fragilisées ?

Nous avions par ailleurs fait référence à la gouvernance envisagée par ce groupement d’intérêt public : ni les bénéficiaires, ni les organisations syndicales ou professionnelles, ni les associations en rapport avec l’emploi ou la formation particulièrement concernées n’étaient cités dans la liste des partenaires même à titre consultatif. Qu’en est-il à ce jour ?

L’article 6 de la convention fait référence au Suivi et à l’évaluation de cette convention à son échéance au 31 décembre 2020. Nous souhaiterions que ce soit l’occasion de faire un véritable bilan partagé avec tous les partenaires impliqués.

Nous voterons ce rapport en souhaitant une nouvelle fois, qu’il réponde à la hauteur des enjeux solidaires, écologiques et démocratiques.

Zémorda Khelifi

Share This: